#28 Henri-François Martin – Head of Vente Privée Accelerator

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Dans ce nouvel épisode nous allons à la rencontre de Henri-François Martin, il est le responsable de l’accélérateur Vente Privée impulse (impulse.vente-privee.com/en/home-page-2/) – Situé à Station F (stationf.co/fr/) cet accélérateur accompagne la croissance des meilleures start-ups qui imaginent et réinventent la mutation de l’e-commerce de demain.

Dans cette épisode Henri-François revient sur son parcours, sur comment il est devenu responsable de l’accélérateur, de la genèse de vente privée impulse et de la vie des starts up dans l ‘accélérateur.

C’est un épisode passionnant j ai adoré interviewé Henri-François j’espère que vous prendrez autant de plaire à l’écouter.

Vous pouvez suivre Entreprendre dans la mode sur Instagram: www.instagram.com/entreprendredanslamode/

 

#27 Alexandra Van Houtte – L’entrepreneuriat est un marathon qui ne s’arrête jamais

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Dans ce nouvel épisode, nous allons à la rencontre de Alexandra Van Houtte. Elle est la fondatrice de TAGWALK, le Google de la mode. Dans cet épisode, on parle de sa vie avant TAGWALK, de la naissance de l’idée jusqu’à sa mise en place. Elle nous parle de ses difficultés et de sa rencontre avec Carmen Busquets, la papesse de la Fashion Tech. Elle nous parle de l’importance de développer son endurance, car l’entrepreneuriat est un marathon qui ne se termine jamais. Cet épisode est truffé de bons conseils et de bonne énergie, alors à vos carnets ! 

Le podcat est disponible sur toutes les plateformes alors pensez à vous abonner, et surtout, bonne écoute!

Invitée : Alexandra Van Houtte 

Bonsoir à toutes et tous. Bienvenue dans « Entreprendre dans la mode ». Je suis ce soir avec Alexandra Van Houtte, de TAGWALK. Bonsoir Alexandra

Bonsoir

Est-ce que je peux te demander de te présenter s’il te plaît ?

Oui, je m’appelle Alexandra, j’ai 28 ans, j’ai créé un site qui s’appelle tagwalk.com. TAGWALK c’est un moteur de recherche que j’ai créé en avril 2016 en version bêta et en septembre 2016 en version 1.

Est-ce que je peux te demander de reprendre ton parcours depuis tes études supérieures jusqu’au lancement de TAGWALK ?

Donc moi, je voulais vraiment être styliste photo quand j’étais plus jeune. C’était vraiment mon rêve. Et mes parents voulaient vraiment que je fasse des études « plus poussées », donc ils m’ont fait faire du mandarin pendant quatre ans. Donc j’ai étudié le chinois, j’ai habité en Chine pendant un an. Après en master, j’ai pu enfin faire de la mode, donc j’ai été à la ? fashion pour faire du stylisme. Et après, je suis rentrée, j’ai fait mon stage de fin d’études chez Lanvin, en merch, avec Alber Elbaz à l’époque. Ça, c’était incroyable. Ensuite, j’ai travaillé un peu dans une agence de prod, mais je n’étais pas trop sûr de ce que, vraiment, je voulais faire. J’avais 21 ans donc je me posais pas mal de questions. Et après, à l’âge de 22 ans, j’ai vraiment commencé à être assistante et j’ai travaillé pour plein magazine. Numéro entre autres, Grazia, Vogue Italie. Après, j’étais en freelance pour, il y en a tellement des titres que je ne pourrais pas tous les dire, mais beaucoup. Ça, c’est vraiment le parcours entre 20 ans et 25 ans.

Là, tu avais vraiment un job de styliste freelance, ça consistait en quoi ton job ? Pour ceux qui ne sont pas dans la mode et qui ne savent pas en quoi ça consiste un job de styliste, c’est quoi ?

Ton job en tant qu’assistante styliste, c’est d’essayer d’interpréter ce que la styliste veut et de lui fournir les photos et les vêtements qui correspondent à cette vision. Pour donner un exemple, si ma boss me disait à l’époque je fais du total cuir, il fallait que je, mon métier, c’était de faire tous les défilés un par un, de voir toutes les pièces en cuir, de faire toutes les photos des pièces en cuir, d’imprimer toutes les photos des pièces en cuir, qu’elle choisisse toutes les pièces en cuir, que je demande toutes les pièces en cuir, de les recevoir à la rédaction, on les shootait, on les faisait photographier pour un magazine et ensuite on les renvoyait. Ça c’était, en gros, mon métier tous les jours.

Donc, t’as fait ça pendant 4/5 ans, jusqu’à 25 ans, qu’est-ce qui s’est passé après ?

Il y a eu plusieurs facteurs, je pense, il y en a plein. Le premier, c’est que je devenais extrêmement impatiente. Et je suis très impatiente de nature, donc ça s’empirait parce que je passais ma vie, il y a trop de défilés, il y a trop de collections, il y a trop de saisons et que je trouvais jamais les pièces que je voulais, je trouvais jamais les jeunes designers, je n’avais jamais le temps. Et donc ça, ça a commencé un peu à « m’énerver » gentiment. Ensuite, il y a quand même Instagram qui est vraiment arrivé à cette époque-là. C’était en 2014/2015. C’était déjà sur le marché, mais en France ça commençait à vraiment arriver. Il y a eu UBER où tout allait hyper vite, DELIVEROO où tout allait super vite. Et, c’est vraiment cette idée de tout avoir très simplement et dans la mode, il n’y avait pas. Et je me suis dit, mais je ne comprends pas pourquoi il y a autant de défilés, il y a autant de tout, mais il n’y a rien qui puisse les catégoriser. Et après, l’autre facteur, c’est que je voulais plus du tout être assistante styliste.

Tu avais envie d’entreprendre déjà gamine ?

Non, je suis quelqu’un qui, je mène généralement. Je ne suis pas quelqu’un qui suis. Je suis toujours très dure comme personne. Mais, après, non je ne me suis jamais dit, j’ai vraiment, désespérément envie, de faire mon site. C’est juste quand j’en ai eu tellement marre, la question ne s’est même pas posée. C’est venu très naturellement.

Tu as commencé par quoi ?

Déjà par le nom. C’est vraiment le plus important. Pour tous les gens qui veulent monter leur boîte, si ton nom ne marche pas en anglais, ce n’est pas bien. Si ton nom ne veut pas tout dire dans le même intitulé, ce n’est pas bien. Si ton nom est trop long, ce n’est pas bien. Quand on y pense Net-à-porter, c’est le prêt-à-porter sur internet. Il y en a plein des comme ça. Mais, effectivement, j’ai commencé vraiment par le nom. TAGWALK, c’était catwalk avec le tagging en même temps donc c’était hyper cool.

Cette phase-là de recherche de nom, ça prend combien de temps concrètement ?

Ça m’a pris une heure. Quand l’idée est vraiment là. Moi, j’étais avec des potes quand j’ai pensé à ce nom, j’étais avec ma famille et plein de potes qui étaient avec nous. On s’est tous mis autour d’une table et j’ai dit OK, il faut que je trouve un nom pour ce truc que je veux faire. Et, en fait, on a brainstormé. On a dit OK, défilé égal catwalk, égal ?, égal machin, égal truc etc. C’est hyper important. Le nom c’est quand même… J’ai vraiment commencé par ça. Et puis, la deuxième chose, c’est que j’ai contacté des avocats. T’es obligé quand tu veux monter ta boite, il faut des statuts, il faut comprendre où déposer, comment déposer, dans quelle catégorie déposer. Il y a un moment donné, où je pense que tu ne peux pas tout faire de bien, il faut savoir déléguer les trucs. Moi, ce n’est pas du tout mon expertise.

Et puis tu n’avais pas envie de mettre beaucoup d’énergie là-dedans ?

Mais 0 énergie ! Je ne connaissais rien. Je ne vais pas perdre mon temps sur Internet à regarder les clauses, les machins, les trucs. Et ensuite, je savais déjà très bien ce que je voulais du site. Je savais tout ce que je ne voulais pas et je savais tout ce que je voulais.

Mais cette idée elle a germé, ça a mis du temps quand même. C’était toutes ces années, d’assistante styliste où t’as réfléchi à ce truc-là ? Tu ne t’es pas réveillée un matin avec l’ampoule éclairée d’un coup.

En fait, sincèrement, oui. Dans le sens où, inconsciemment, c’est vraiment l’inconscience qui a travaillé pendant 5 ans, il y avait plein de choses qui m’énervaient. Les publicités avec les croix, je ne trouve pas les croix, ça me saoule, le fait d’avoir un paywall quand tu vas sur un site, ça me saoule. Il y avait plein de choses en fait. Le fait de pas voir les vêtements bien, le fait que les vêtements soient mieux, que les marques qui ont plus d’argent soient mieux catégorisées que les autres sur tous les sites qu’on connaît. Tout ça, c’est des choses qui, en fait, vraiment dans mon inconscient, je me disais, mais c’est tellement pas juste. C’est tellement une de perte de temps quoi. Moi qui je suis extrêmement pas patiente. Et, en fait, inconsciemment tout ça a commencé à mûrir. Et, un jour, je parlais à une fille et j’ai dit, mais franchement, qui voulait monter une boîte dans la mode, elle me parle de son projet que je trouvais médiocre et je lui dis mais moi si j’avais un projet que tu devrais faire ce serait ça. Mais il y a longtemps, 2014. Et 2015, rien et je dis à une amie en commun, mais qu’est-ce qu’elle est bête cette fille, je lui ai donné l’idée du siècle et elle ne l’a pas fait. Elle est complètement idiote. Et elle me dit, mais si c’est vraiment l’idée du siècle, pourquoi est-ce que tu ne le fais pas toi ? Et c’est venu comme ça. C’est pas du tout, je ne me suis pas posé dessus, je n’ai pas fait une réunion familiale en disant, voilà j’arrête mon job. C’est venu vraiment très naturellement.

D’ailleurs, pendant cette période-là, on va continuer sur, tu as trouvé le nom, t’as déposé le nom, qu’est-ce que tu as fait après ?

J’ai contacté un développeur, en premier temps.

Tu l’as trouvé où ?

Je l’ai trouvé par mes avocats. Ils ont toujours des bons pistons.

D’ailleurs, ces avocats, tu as été les chercher où ? Tu as tapé sur Internet ou on t’a introduit ?

Ça, c’est hyper important. Moi, tous les gens qui m’aident, et qui m’aident à ce jour, ce ne sont que des gens que je connais, en fait. Des amis d’amis, des gens qui me sont conseillés. Ce sont des gens hyper fidèles, un. Deuxièmement, c’est des gens qui veulent vraiment ton bien. Ils ne sont pas là à compter toutes les demi-heures que tu passes au téléphone avec eux quand tu as un problème. Et moi, mon cercle très, très restreint de gens qui m’aident, et j’en ai un très petit, c’est jamais des gens vraiment dans l’industrie, du tout, mais c’est vraiment des gens de confiance dans chaque domaine différents, qui ont des compétences différentes. Et mon développeur, je lui ai expliqué, voilà ce que je veux. J’avais fait une maquette un peu pourrie, mais plus ou moins de ce que je voulais.

Sur Powerpoint ?

Ouais, exactement. Mais j’ai fait la maquette, mais ça ne ressemble pas au site-là, mais ce n’est pas très différent de ce que j’ai fait. C’est beaucoup plus joli là, bien évidemment. Il y a une graphiste qui me l’a fait parfaitement. Mais, en vrai, c’est exactement ma vision. C’était blanc, épuré, propre, straight to the point, qu’on comprenne vraiment en 3 secondes et demi, et tout ça. Et, une fois que j’ai fait ça, j’ai contacté toutes les marques une par une. Que je connaissais parce que j’avais été assistante donc forcément je connaissais les attachés de presse. Je leur ai dit en 3 lignes, voilà, je lance un site avec tous les défilés rapidement. Ils m’ont envoyé toutes les photos. Maintenant, j’ai mon propre photographe, mais à l’époque, j’avais eu les droits de leurs photos. Et j’ai tout tagué, seule, sur mon canapé, manuellement, en deux langues, pendant 6 mois à peu près. Et après, il a été lancé.

Tu peux nous rappeler la date de lancement ?

Toujours dans le cours de mon impatience, j’ai lancé beaucoup trop tôt. J’ai lancé le 12 et 13 avril 2013.

Pourquoi c’était trop tôt ?

Parce que le site n’était pas prêt du tout. Mais j’en avais tellement marre de travailler dessus que, du coup, je voulais le lancer. Alors, qu’en fait, j’aurais dû attendre septembre, je pense.

Parce qu’il n’y avait pas assez de photo, pas assez de marques ?

Non, non. J’ai lancé avec toutes les marques pour le coup. Mais non, mais parce que ce n’était pas assez fluide, il n’y avait pas de homepage, tu ne devais pas forcément te créer un compte, les moodboards ne se voyaient pas forcément bien.

Mais l’important, est-ce que ce n’est pas forcément de commencer ?

Ouais, mais je pense qu’il faut se lancer, il faut commencer mais il faut aussi faire les choses bien. Et je pense qu’avec un peu de recul …

Ça t’as joué des tours ce truc-là tu penses ?

Bah, ça m’a appris en tout cas. Ça m’a appris que, moi j’ai eu quelqu’un en espèce de mentor qui m’a pas mal aidé au lancement de mon site, qui me disait ok c’est génial ton site mais qui va dessus ? Et, en fait, je n’avais aucun moyen de savoir. Je lui dis ouais, tous les gens de l’industrie.  Il me dit, mais qui, comment tu sais que c’est des gens de l’industrie, à quel moment t’es au courant ? Et, en fait, effectivement moi j’avais le retour des gens qui me disaient j’adore ton site, c’est génial mais je ne savais pas du tout. Et donc j’ai appris, au fur et à mesure, comment il fallait vraiment. En fait, généralement, chaque chose sur ton site a un but et chaque dépense a un retour sur investissement. C’est assez cadré en vrai dans la tech. Tu ne fais pas un truc juste parce que ça t’amuses. Tu le fais parce que beaucoup d’utilisateurs te l’ont demandé. Nous on a lancé les mannequins sur le site, on référence tous les mannequins, parce que les gens nous l’ont demandé. A la rigueur, moi, qu’ils y soient ou pas…

Toi, ce n’était pas une demande particulière ?

Non, je n’y avais pas forcément pensé. Mais pour les gens c’était hyper important.

Donc toi, tu n’avais aucun background dans la tech ? Tu ne savais pas coder, t’avais aucune connaissance ?

Non, je ne savais pas ce qu’était la data, je ne savais pas ce qu’était une API.

Mais, toi ça ne t’as pas fait flipper ?

Non, pas du tout. Un, parce que j’apprends assez vite. Deux, parce que je suis entouré par des gens vachement bien. Et troisièmement, parce que quand c’est ton propre site, il y a un espèce de truc qui sort en toi, où tu deviens extrêmement curieux sur des sujets qui, à la base, ne t’intéresse pas du tout. Et moi, je pense que je suis hyper calée maintenant, en vrai, sans mentir, sur des trucs où il y a deux ans mais…

Tu ne comprenais rien, c’était du charabia

Du charabia et maintenant, mais vraiment, je peux faire une conf, sans problème.

Donc c’est accessible même à un styliste qui a eu une formation plutôt créative ?

Complètement

Parce que j’ai l’impression que souvent les créateurs, les créatifs que je rencontre, ils se disent toujours ce n’est pas pour moi quoi, le business n’est pas pour moi, je ne comprends rien, je n’ai pas envie de me plonger dedans. Le code, l’informatique, les gens mettent ça sur un piédestal. Ils se disent, je ne suis pas formaté pour ça. Et tu es vraiment la preuve qu’en fait…

Ben oui, mais faut pas oublier que j’avais un développeur aussi avec moi.

Oui, non mais bien sûr, mais t’as pas eu peur de te lancer dans une aventure qui est hyper tech alors que ton background est pas du tout tech.

Je ne le vois jamais comme ça. Mais oui, effectivement, c’est un super bon point. C’est que pour moi, ce n’était pas une barrière, je ne me suis pas dit, ça va être une catastrophe la tech, je ne comprends rien. Je me suis dit, c’est un manque, c’est un besoin. Moi j’en ai besoin, donc égoïstement, si moi j’en ai besoin, d’autres personnes vont en avoir besoin, et après the rest is history.

Revenons sur le déroulé. Tu lances ta version beta, tu le lances un peu trop tôt. Ça te joue des tours relativement minimes parce que ça n’a pas mis en péril la baraque. Tu lances la V1 en septembre 2010. Et là, qu’est-ce qu’il se passe, raconte nous ?

Et là, tous les jours ça croit, ça croit, ça croit. On a plus en plus de comptes créés, de plus en plus de gens qui reviennent, on a un taux d’engagement qui commence à devenir super élevé. Et je commence à avoir, je crois, de mémoire, pas mal de presse à partir de septembre. Je n’ai pas d’attaché de presse donc c’est venu hyper organiquement. Tout ce que j’ai, c’est venu vraiment par des gens que j’ai contactés sur Instagram. J’avais un espèce de truc où je fais très, très attention à comment je dépense mon argent donc je ne voulais pas de dépenses, ce n’est pas que ce n’est pas nécessaire, mais en tout cas, pas nécessaire pour moi à ce stade-là dans ma boîte. Et ça croit. Et puis là, plus ça croit, plus tu vois les problèmes. Tu te dis mince, maintenant il faut rajouter les accessoires, on avait, mais on n’avait pas l’homme, on a rajouté l’homme. Ensuite, on a rajouté le streetstyle. Et ensuite, tout a commencé à vraiment grossir parce qu’au final, on avait la demande et on s’est dit, bon bah quitte à le faire, autant le faire bien et autant le faire jusqu’au bout. Autant le faire avec tout, avec 360 degrés de la mode, le plus rapidement possible. Le digital, c’est ça aussi. Ça peut aller très vite comme pour TAGWALK, mais il faut aussi rester très vite. C’est un marathon qui ne se finit jamais. Y a pas un jour dans cette boite où on ne change pas d’idée. Y a pas un jour où les priorités du board là-bas, que vous n’allez pas voir, mais du board là-bas, ces post-it changent tous les jours. Les priorités changent tous les jours. Je pense que ce n’est pas la technique qui manque pour les gens qui doivent entreprendre. Moi, je pense que c’est le mental. Le mental, c’est clé. Parce que c’est épuisant, ça ne finit jamais. Et pourtant, j’adore ce que je fais, mais c’est vrai que, tous les jours, se réveiller et trouver de la motivation pour toi, pour ton équipe, pour tes investisseurs, pour tes potes, pour tes clients, etc., pour tes journalistes, il faut vraiment avoir un très bon mental. Parce que c’est beaucoup tous les jours de l’année. Et, en plus, quand c’est ta boite, tu travailles tout le temps. Moi, il n’y a pas un jour depuis que j’ai lancé ma boite, alors qu’avant je travaillais gentiment, mais je n’étais pas non plus Wonder Woman quoi. Là, je travaille tout le temps, mais parce que j’ai envie ou parce que je me sens coupable de le faire ou parce que je me dis chaque minute que je perds en faisant autre chose, c’est du temps perdu. C’est vraiment tout le temps. Et je ne suis jamais vraiment au bureau, je suis tout le temps en rendez-vous. Je travaille tout le temps. Donc, je pense que le mental, c’est ça qui doit faire peur, à mon avis. Tous les jeunes à qui je parle, il y en a plein qui me contacte en ce moment, je leur dis mais l’idée, c’est bien de l’avoir, mais, c’est après que ça se corse vraiment. Parce que ta première année, elle est easy. C’est vrai, la première année, c’est la plus cool.

Comment on se prépare à ça ?

Franchement, je ne saurais pas dire comment on se prépare. Je pense que c’est vraiment une forme de personnalité.

Tu as toujours été quelqu’un de déterminée et de fonceuse ?

Ouais. Pour le coup, oui. Et de forte. Il n’y avait pas de bullshit. Moi quand je dois faire un truc, je le fais, quand je suis fatiguée qu’il faut finir à je sais pas quelle heure, je vais le faire même si… Il y a un espèce de truc en moi où, tant que ce n’est pas fait, ça m’énerve. Mais j’aime beaucoup aussi le stress. Moi je suis quelqu’un qui travaille bien sous stress. Forcément ça aide. Mais t’as des personnalités qui n’aiment pas ça du tout. Mais quand tu es entrepreneur, tu ne peux pas avoir des gens forcément comme ça dans ton équipe.

Justement, tu n’es plus toute seule aujourd’hui. Dès le départ, tu avais un développeur.

Oui exactement.

Aujourd’hui vous êtes, ils viennent de partir mais ils étaient quand même assez nombreux, j’ai été surpris.

Il y en a deux qui manquaient aujourd’hui mais ils sont nombreux.

Vous êtes combien maintenant ? Et surtout comment tu les as choisi ces gens-là ? Parce que tu me dis que toi, tu bosses comme une malade, mais tu ne peux pas leur demander de bosser non plus, d’être investi autant que toi, à même hauteur que toi.

Maintenant on est 11. On va être 12 là.

C’est incroyable

C’est beaucoup. En janvier 2017, on n’était que trois. Donc, en un an et trois mois, on a quand même triplé, quadruplé même. Margaux, que t’as raté, est vraiment avec moi depuis le 13 avril 2016. Donc, c’est vraiment la première personne, elle a commencé avec moi 6 mois, sur le canapé, chez moi, sur mon beau canapé Ikéa. Margaux, elle a vraiment, vraiment commencé avec moi. Elle y est allé un peu à l’aveugle, elle m’a rencontrée, elle ne savait pas trop à quoi s’attendre et puis elle est toujours là aujourd’hui. Et ça se passe super bien.

Qu’est-ce que tu leur dit, à l’époque, aux gens pour qu’ils te rejoignent ?

Pas grand-chose. Margaux était assistante avant, donc elle comprenait pourquoi TAGWALK était bien. Elle comprenait l’idée. Et je pense qu’il fallait forcément quelqu’un qui comprenne l’idée parce que sinon c’est compliqué. Moi je n’avais pas d’associés. J’en ai toujours pas. Donc, Margot elle a très vite compris. C’est quelqu’un qui m’a aidé, vraiment, à faire cette V1 justement. A tout mettre à plat, à dire, ok, il y a des fautes d’orthographe parce que maintenant c’est automatisé, mais avant on faisait tout à la mano, tout à la main. Donc tous les tags il y avait des fautes d’orthographe, c’était n’importe quoi quand j’y repense. Donc Margaux a commencé vraiment avec moi. Et ensuite, j’essaye de recruter par poste, que personne ne se marche sur les pieds. J’essaye que chaque poste soit vraiment un truc un peu clé. Donc, un développeur, avec un deuxième, maintenant, développeur. Ensuite, Margaux avec une deuxième personne qui est avec elle maintenant. Et c’est des gens, je leur dis, oui je ne peux pas leur demander de travailler autant, en même temps, je suis désolée mais quand tu 21 ans, entre 21 et 30 ans, c’est le seul moment où tu vas pour travailler dur. Pas avoir d’enfant, pas être marié, à travailler pour une boîte ou c’est plutôt à la cool et t’investir. Et ces gens-là c’est quand même des gens qui ont souvent des participations au capital. Mais c’est compliqué d’avoir des profils comme ça. Des gens comme Margaux, j’ai beaucoup de chance de l’avoir. Dans le sens où, TAGWALK c’est son bébé autant que le mien, elle est hyper impliquée, elle est toujours là, elle est hyper présente. Florian, le développeur, c’est pareil. C’est quand même des gens, tu vois, où je sens que c’est important pour eux. Et c’est hyper important parce que moi je n’ai pas d’associé, donc si je n’ai pas mes développeurs et mes « employés » qui sont aussi impliqués que moi ou aussi contents pour moi quand un article sort ou qui me posent des questions qu’engendre un gros rendez-vous, etc. ça ne sers pas à grand-chose de faire cette aventure avec eux, pour moi.

Donc revenons sur le déroulement. Aujourd’hui, j’en reste à septembre, tu lances, en 2017, tu lances la V1, qu’est-ce qui se passe après depuis 8 mois ? Quelles sont les grandes étapes de TAGWALK ?

C’est vrai que ça ne fait que 8 mois en fait !

J’ai rencontré Carmen Busquets en novembre 2017. Non, j’ai rencontré Carmen en 2016 pardon. Carmen, c’est une investisseuse qui investit dans Net-à-porter. C’est la première de Net-à-porter. Puis de Farfetch, Moda Operandi, List, ?Fashion et il y en a d’autres. Il y en a plein. Et c’est mon premier investisseur. Et Carmen, c’était vraiment, pour moi, le goal dans ma vie, c’est que je voulais que Carmen soit mon investisseur. Et je l’ai contacté. Je l’ai harcelé par email, comme quoi ça marche. Une bonne quinzaine de fois. Et je l’ai rencontré en novembre 2016.

Qu’est ce qui se passe alors ? La première question, c’est comment ? Tu l’as harcelé, tu lui envoie 15 emails. Tu dis quoi dans ton d’email ?

Moi, je ne voulais pas de l’argent à la base de Carmen. Je voulais vraiment la rencontrer parce que c’est… Carmen elle ne peut pas pas inspirer quelqu’un qui est dans la mode et dans la technologie. Elle comprend mieux que tout le monde ce monde-là, elle est beaucoup plus rapide, elle a une vision beaucoup plus lointaine que des gens comme moi, elle voit beaucoup plus loin, toujours, tout le temps. Et rien. Je lui ai juste dit que, en trois lignes, que j’avais monté ma boîte, que je souhaitais la rencontrer parce qu’elle avait un parcours de dingue et que je voulais la rencontrer.

Et vous vous êtes rencontrées ?

On s’est rencontrées.

Et vous vous êtes dit quoi ?

Elle m’a demandé des questions très simples, comment s’appelle ta boîte, c’est pour ça que le nom est vital. Elle m’a demandé pourquoi est-ce que je l’avais créé. Donc le storytelling est vital.

Et c’était quoi le storytelling ?

C’est que j’étais assistante et que j’en avais marre parce que je ne trouvais pas les vêtements. C’est la vérité quoi. Je n’ai pas inventé une histoire. Mais, c’est vraiment sur ma vérité. Ensuite, elle m’a demandé combien d’argent j’avais dépensé entre le jour où j’ai voulu créer ma boîte et le jour où je la rencontre.

Tu lui as répondu quoi ?

La vérité.

Tu peux nous le dire ?

Non, je suis désolée. Ce n’était pas très haut. C’était pas très, très haut. Donc, je réponds, elle me dit OK. C’est pas important pour les investisseurs de savoir si tu sais gérer ton argent. C’est quand même leur argent, à eux, qu’ils ont gagné, qu’ils donnent à toi non, donc ils ont vraiment besoin de comprendre que tu ne fais pas des notes de frais pour tes déjeuners, que tu ne prends pas des taxis à gogo, que tu sais rester hyper humble, que tu commandes tes cartes sur VistaPrint et pas sur un truc canon rue Saint-Roch. C’est super important pour eux de savoir que tu sais manager ton argent. Et la dernière question c’était, c’est quoi ta stratégie de sortie. Je lui dis, voilà, ce que moi, dans mon idéal, j’aimerais bien faire et voilà.

Donc tu la rencontre, qu’est ce qui se passe ? Elle te rejoint, elle investit sur toi ?

Du coup, elle m’a dit mais tu veux combien pour ton investissement ? Je lui dis non, je ne venais pas trop pour ça à la base, moi je veux juste vraiment vous parler, ce qui été vraiment la vérité. Et après, ça c’est fait. On s’est très bien entendues et ça s’est fait très rapidement.

Ça t’a permis de faire quoi ?

Carmen, elle m‘a permis de faire plein de trucs. La première chose, c’est qu’elle m’a donné un vrai tampon dans la mode. C’est comme un espèce de tampon, quand Carmen investit, ça aide quand même vachement. Ensuite, Carmen, c’est quelqu’un qui est très forte en stratégie globale. C’est quelqu’un, où, si vraiment t’as une question sur un partenariat, sur de la data, elle a tellement tout vu que c’est vraiment quelqu’un qui sait te mettre avec les bonnes personnes, te mettre en contact avec les bons. Elle met très bien en contact les gens quand elle sent qu’il y a des bonnes affinités entre elles. Et surtout, elle a un très bon œil, un très bon œil extérieur. Donc moins, quand j’ai des questions sur des embauches ou pas etc., elle est toujours présente.

Elle est disponible quand même ?

Elle est super disponible.

Ça me fait toujours halluciner ce genre de chose.

Moi aussi, je ne sais pas comment elle fait. J’étais avec elle hier. En fait, elle est disponible pour les bonnes choses. C’est que si c’est pour me lamenter sur mon sort parce que je suis fatigué, clairement non, elle n’est pas du tout disponible. Mais, il y a deux semaines, j’avais, pas un souci mais j’arrivais à un endroit où j’avais besoin d’aide et je l’ai rejoint un week-end. On a passé un weekend entier, elle m’a aidé à faire la stratégie. Elle s’est trouvée le temps quand elle sent, parce qu’elle connaît bien, elle connaît vraiment bien les fondateurs généralement. Donc, elle sait que quand, vraiment, je lui dis bon bah là ça va vraiment pas, je suis bloquée, elle va toujours trouver le temps. Toujours. Mais si elle sent que c’est un mini problème que je peux, en vrai, régler toute seule si je suis tranquille 3 minutes et demie, elle va me dire, écoute, là, c’est pas le moment, dans un mois oui. Et forcément en un mois j’ai carrément trouvé la solution.

Raconte-nous ce qui s’est passé après. Raconte-nous les points essentiels et les gros les gros changements dans TAGWALK jusqu’à aujourd’hui et ta vision pour le futur ? T’as apporté des fonctionnalités supplémentaires ?

On en a plein. On a toutes les tagnews, on a toutes les interviews des designers, des influenceurs, on a toute la catégorie des mannequins. On a les tagtrends qui marchent super bien, qui sont les tendances par mots-clés les plus tapés en structures de collection. On a tellement de trucs sur le site… On peut acheter tout le streetstyle en affiliation. On a quand même de la très bonne donnée qui nous permet d’aider vraiment beaucoup d’acteurs dans l’industrie sur plein de niveaux différents, donc c’est hyper intéressant. On fait vachement de consulting extérieurs pour de la strat …

C’est la question qu’on pose tout le temps mais le modèle économique, ça consiste en quoi ?

C’est toujours le même. Que les marques, qui ne défilent pas, peuvent payer pour être référencées au même niveau que les défilés. Donc ça c’est hyper subjectif. C’est littéralement j’aime ou j’aime pas. Pas littéralement, parce qu’il y a des marques, on a trop de marques du même style donc on va attendre un peu, pour pas non plus qu’ils soient tous confondus, etc. Le but c’est vraiment d’aider une marque donc si je mets trois designers qui font la même chose, pour les jeunes ça va pas les aider. Donc on fait hyper attention. Donc ça c’est un pôle. Le deuxième pôle, c’est la filiation. Donc on travaille avec toutes les marques ou tous les sites de commerce. En fait, on référence toutes les pièces qui sortent des défilés et qui les amènent vers leurs sites. Ça leur donne du trafic. Ensuite, on a la donnée. Ça, c’est vraiment plutôt privé. C’est, vraiment, on travaille avec des groupes qui ont besoin de savoir ce qui se passe dans leur marque à eux, dans leur groupe à eux, dans leur structure de collection. Est-ce que les mots-clés correspondent un peu à leur tendance, etc. Et le quatrième pôle, c’est qu’on fait beaucoup de consulting, assez inconsciemment, en strat digitale, en strat de micro influenceurs et en stratégies de contenu. Et je pense que c’est venu…

Concrètement, tu peux nous expliquer pour mes auditeurs ?

Concrètement, une marque va nous dire ok, nous on aimerait bien faire des cadeaux à des gens. On ne sait pas quoi faire comme cadeau et ni à qui les faire, ni comment les faire. Concrètement, c’est ça. Une partie. Donc, nous on va analyser la marque, on va analyser leurs acheteurs, qui sont leurs consommateurs, quel est l’ADN de la marque. Nous ce qu’on vous conseille de faire, c’est d’envoyer à ces gens-là, de cette façon-là, à cette période-là. Et l’impact est assez gros, en vrai. Quand c’est bien fait, c’est très bien en fait. Quand c’est mal fait et que ça va à tout le monde, souvent ça se perd un peu. Ensuite, on fait pas mal de stratégie en consulting de contenu. Donc, on a des marques qui nous disent, bon, bah les journalistes veulent pas trop parler de nous, qu’est-ce qu’on peut faire pour leur donner des news qui soient intéressantes.  Donc, pareil, on reprend l’ADN…

Et là, tu as recruté des gens pour qui c’était vraiment le métier de faire ça ?

Non.

Alors, c’est quoi la vision à plus long terme, comment tu vois les choses ? Ça va tellement vite déjà, j’ai envie de te dire, dans six mois…

Six mois, c’est déjà long. Là tout TAGWALK est en train de devenir achetable. Toutes les pièces de tous les défilés. Tout est en train de devenir achetable. Ça, ça va sortir là. Et après, on va vraiment se concentrer, il y a plusieurs choses sur lesquelles on se concentre. On va faire toutes les Fashion Week du monde entier. Là, ça sort, ça va sortir, on commence. On commence avec Séoul, je pense qu’il y a en ce moment.

Là, c’est des gens de chez toi qui vont sur place ?

Non, on reçoit les défilés et on les référence. Et ensuite, avec la tech, on commence vraiment, on a déjà hyper bien implanté, mais toute l’intelligence artificielle qui nous permet de scanner des photos et de comprendre les mots-clés d’une photo. C’est assez particulier parce qu’ils comprennent bien les couleurs, etc., mais nous, ce qu’on leur demande, c’est de comprendre les thèmes. Ça c’est plus compliqué pour une machine. Mais on est en train de, donc là, en termes de technologie on est en train de devenir fort. On essaye, en tout cas, on progresse.

Qu’est-ce que tu ferais différemment ?

Je pense qu’il y a une grande faute dans l’entreprenariat, l’entrepreneur, c’est que quand tu n’as pas d’associé, tu te sens souvent très seul. Et quand tu es seul, tu es souvent très vulnérable. Surtout à certaines périodes où t’as un vrai manque, t’es un peu dans un coin. Et tu as des gens qui vont venir vers toi et qui vont te proposer leurs services et du coup, tu vas les embaucher très rapidement, sans vraiment faire attention. Et ça c’est une erreur. Parce qu’en fait, il y a plein de gens où, moi quand je recrute généralement, je recrute vraiment, premièrement au feeling. Moi, les écoles ça m’est égal. Moi, ça ne m’intéresse pas des masses parce que souvent, ça ne veut rien dire. Et je pense que prendre plus de recul, plus de temps et souffler et faire des choses avec une tête plus froide, ça ce serait déjà un truc que je ferais beaucoup plus si j’étais à recommencer.

Mais comment tu peux le faire parce que quand tu es dans l’action et que c’est dans ton tempérament de foncer.

Oui mais c’est là où je dis que maintenant que je comprends les erreurs et les enjeux, je pense que je dirai à mon propre tempérament, calme toi 2 secondes, tu prends du recul, tu vas trouver la solution. Ne prends pas la première personne que tu vois, tout de suite, parce que ce n’est pas forcément l’idéal. Ensuite, il y a plein de trucs je ferai. Les premiers avocats que j’ai pris étaient très mauvais. Très, très, très mauvais parce que c’est une grosse dépense les avocats et que je ne voulais pas du tout dépenser cet argent-là dans des avocats. Au final, ça m’a joué un méga tour parce que j’ai eu un problème et ils n’étaient pas là du tout.  Et, en vrai, maintenant là j’ai appris, j’ai des avocats, un avocat en tout cas, qui s’appelle Léon, qui est chez Témime et il est génial. Il est jeune, il a mon âge, il est associé là-bas, il est brillant. C’est quelqu’un qui m’aide tout le temps, qui est hyper impliqué, à nouveau c’est quand même des supports hyper ?. Et, je pense que je ne referai pas l’erreur de prendre quelqu’un de pas bon, en qui j’ai pas confiance parce que ta boîte, si tu n’es pas entouré par des gens qui sont extraordinairement bons dès le début, elle va pas marcher. C’est pas possible. Seul, ça ne marche pas. Littéralement. C’est impossible à ça. Donc je pense que je ferais un business plan.

T’avais pas de business plan ?

Non.

Mais quand t’as levé tes premiers

Oui, j’en ai fait en 2-2. Mais, en vrai, je pense, qu’à refaire je ferais peut-être un mini business plan. Là je n’avais pas de business plan. J’ai vraiment fait parce que j’en avais besoin. Je ne pensais pas du tout que TAGWALK serait là aujourd’hui. Je savais que c’était une bonne idée, mais je ne pensais vraiment pas que TAGWALK, aujourd’hui, aurait autant de capacités, avec autant de revenus streams, avec autant d’endroits différents. Je ne pensais pas avoir autant de bons CV qui viendraient vers moi. Je ne pensais pas avoir autant de CV de stagiaires qui viendraient.  Tout d’un coup, ça va très très vite parce qu’au final ce n’est pas très, très long. Donc, ça je ne referai pas. Je pense qu’une erreur que j’ai faite, c’est que quand j’avais une question au début, je demandais l’avis de tout le monde. Grosse erreur. Parce qu’au final tout le monde te donne forcément un avis différent et tu te retrouves avec les avis de tout le monde et tu comprends rien et t’es perdue. Donc il faut prendre tes trois personnes clés. Ça peut-être ton père, ta grand-mère et ton avocat. Peu importe. Mais des gens qui vont vraiment te donner un oui ou un non. Parce que moi j’ai écouté tout le monde et au final je prenais jamais de bonnes décisions, je perdais du temps, et en vrai, tu la connais ta décision. Tu as juste besoin que quelqu’un t’appuis en te disant, Ah bah si j’étais toi, je ferais ça. Comme ça tu es content.

Tu as trouvé ton trio maintenant ?

Ouais, j’ai trouvé, j’ai un peu plus qu’un trio. Je dois avoir cinq personnes vraiment…

Dès que tu as des décisions à prendre tu les consultes ?

Sur qui je peux vraiment m’appuyer ouais. Et qui sont, moi je suis très transparent, ça c’est un autre truc. Ce n’est pas un conseil à refaire parce que j’ai toujours été comme ça mais plutôt pour les gens qui écoutent, les auditeurs, il faut vraiment être transparent. Toujours. Parce que tes investisseurs vont toujours savoir la vérité. Tes avocats vont toujours connaître la vérité. Tes employés vont toujours connaître la vérité. Donc, il faut vraiment essayer d’être le maximum honnête et pas enjoliver les choses parce que, bon je n’ai pas souvent besoin d’enjoliver, mais souvent il y a des trucs qui marchent pas, qui marchent, etc. Et c’est vraiment important de le dire parce que si tu dis que tout va toujours très bien, personne ne peut t’aider. Si tu dis, là, ça va vraiment pas, j’ai fait une erreur, je ne sais pas quoi faire, les gens sont les premiers à t’aider. Et honnêtement, les plus grands entrepreneurs de France, en France en tout cas, sont des gens, où moi je sais que si je leur envoi un email, je ne les connais pas, je leur dit voilà, je suis un peu tracassée, j’ai des problèmes en ce moment, je ne vous connais pas mais j’aimerais beaucoup, beaucoup vous voir 15 minutes pour un café, pour que vous puissiez m’éclairer. Ils le font toujours. C’est des gens qui ont toujours du temps pour les entrepreneurs, qui ont toujours du temps pour aider. Moi le nombre de temps que je consacre aux jeunes gens qui montent leur boîte, franchement, ça doit être au moins un jour par semaine. Alors que je ne suis pas non plus la reine de l’entreprenariat quoi. Mais je pense que t’as toujours envie d’aider et donner des conseils. Et je pense que t’entourer des bonnes personnes c’est hyper important. C’est pareil, c’est juste des conseils, mais il faut vraiment, vraiment, vraiment, vraiment être humble quoi. C’est vraiment mais, c’est le b.a.ba du truc. Il faut surtout prendre tout ce qui est négatif. Moi, mon site il ne serait pas comme ça si j’avais eu que des gens qui m’avaient dit que c’était bien. Moi, tout ce qui m’intéressait, c’était les retours négatifs. Donc, ouais je ne trouve pas les moodboards, ça je n’aime pas, ça je n’ai pas compris, le loging il n’est pas bien. J’ai eu vraiment tout, et en vrai, c’est tout qui m’a fait grossir, et c’est tout qui m’a fait devenir, pas mieux, mais plus performant, en tout cas. Je pense qu’être hyper ouvert d’esprit, c’est vraiment, vraiment important. Parce que souvent les entrepreneurs, et j’en connais plein, ils sont tellement contents de leurs idées qu’ils n’arrivent pas à comprendre que leur idée n’est pas forcément bonne. Là, il y a une amie à moi qui a lancé une marque de produits hyper cool, de thé je ne sais pas quoi, hyper substainable et tout le tralala sauf qu’elle offre dans une pochette en plastique. Je dis franchement, je ne vois pas l’intérêt de faire ta marque substainable si tu offres du plastique dedans. Mais, en même temps, elle est tellement contente des trucs qu’elle a fait produire par milliers, dizaines de milliers, qu’elle n’a pas envie de stopper. Et je pense qu’elle ferait mieux d’écouter. Et souvent, je comprends quand t’es entrepreneur et que tu as tellement travaillé pour un truc, quand on te dit un truc négatif, c’est pas cassant, mais c’est un peu déprimant.

Ouais ça fait mal au cœur parce que c’est ton bébé quoi.

Ouais ça fait mal au cœur mais c’est vraiment, vraiment important. Enfin, c’est vraiment, ça fait mal au cœur, mais c’est plus t’as mal au cœur, plus tu grandis. C’est horrible à dire, mais c’est vraiment la vérité. Moi je l’ai ressenti comme ça, en tout cas.

Les moments de doute, j’imagine que tu en a aussi, comme tous les entrepreneurs, comment tu les gères ?

Pas très bien. J’en ai tout le temps, tous les jours pratiquement.

A ce point-là ?

Quand t’es entrepreneur oui. Moi en tout cas, pour moi c’est le SpaceMountain de Disneyland, mais tous les jours. Si un jour je suis au top, le lendemain je ne suis pas bien, le lendemain je suis au top. C’est vraiment comme si j’étais bipolaire. Je ne suis pas bipolaire mais c’est comme si dans ma tête, ça va du blanc au noir toute la journée. Et c’est pour ça que le mental est vital. C’est que moi, je les gère comment ? Généralement, pas au top. Généralement, j’en parle à Margaux qui est avec moi depuis le début. Si ça va vraiment, vraiment pas bien, je vais en parlais à un des 5. Ça peut être Carmen ou Léon ou d’autres gens qui sont vraiment proches. Et puis, je suis très pragmatique. J’essaye de me dire ok, bon un problème, une solution. On va la trouver. Mais ce n’est pas, c’est compliqué, les moments doute, je ne vois pas, qui, dans ton podcast va te dire, oui je les gère super bien, je suis au top, je vais faire trois heures de yoga puis je vais beaucoup mieux. Franchement où je vais courir et je vais beaucoup mieux. Oui je veux bien que le sport t’aide à enlever un peu de cortisol et de stress mais les moments de doute c’est compliqué. Quand tu as beaucoup de pression et beaucoup de gens derrière toi, il faut juste communiquer. C’est hyper dur de communiquer tes doutes mais je pense qu’il faut. Moi je les communique, en tout cas. J’en parle vraiment.

T’es Open Book sur tout

Ouais, je suis Open Book sur pratiquement tout, pas tout, mais une grande majorité.

Est-ce que tu as des outils dans ton organisation, dans la gestion de ton temps, dans la gestion de tes tâches, ou même est-ce que vous avez des outils, vous en interne, que vous utilisez, qui vous font gagner en productivité et en efficacité ?

J’en ai plein, des trop bien. Il y en a un qui s’appelle Wunderlist, en fait, tu mets toutes tes tâches à faire, sur ton téléphone et sur ton ordi ça va être synchro, et dès que c’est fait, tu appuies sur le carré et ça part. C’est trop bien. J’en ai une autre pour toutes les notes de frais qui est incroyable, qui s’appelle Jenji. Trop bien. En gros, tu prends en photo à ta facture, je sais pas, ton truc au Franprix, et ça la met directement en notes de frais avec la date, l’heure, ça classe tout, ça mais tout par Excel. C’est trop bien, c’est vraiment trop bien ce truc. Non franchement, je pense que c’est juste ces deux trucs-là qui sont vachement bien. Après, l’équipe on est très, c’est très facile à TAGWALK. T’as un back office, t’as un Gmail… Mais WunderList et Jenji, c’est vraiment cool. Il y en a un truc qui est pas mal qui s’appelle Moment et ça te traque combien d’heures tu as passé sur ton téléphone par jour.

Ça doit être assez flippant.

Ouais ben justement. Mais c’est bien parce que ça te permet d’être un peu plus focus. Moi, par exemple, WhatsApp et iMessage, je les ai sur mon ordi, c’est beaucoup plus pratique. Et je ne mets pas les notifs. Et quand je regarde, je sais pas, toutes les demi-heures, je réponds à ce moment-là.

Est-ce qu’il y a des gens qui t’inspires ?

Il y en a plein qui m’inspire. Natalie Massenet m’inspire beaucoup. Carmen Busquets m’inspire beaucoup. Sophie Fontanel m’inspire beaucoup, bien évidemment. J’ai plein de mecs qui m’inspirent je suis sûre en plus. Je suis vraiment inspiré par les gens qui font. Par les gens qui partent de rien ou qui se sont fait virer de quelque part et qui font. Pour moi ça c’est… Ou des jeunes qui font vraiment, c’est pas du bullshit, ils font vraiment et ça, ça m’inspire vraiment. A n’importe quel âge, n’importe quelle tête, dans n’importe quel pays. Ou même des jeunes marques qui arrivent vachement bien. Ça, ça m’inspire. J’aime bien s’entourer de gens qui sont quand même des gens un peu business, pas business parce que ce n’est pas le bon mot, mais qui sont focus. Ça c’est hyper important. Moi des gens qui papillonnent dans tous les sens, ça ne va pas. Il y a plein de gens, je réfléchis à qui m’inspire là, il y a plein de gens qui m’inspirent … Benjamin Cercio, un pote, qui vient de devenir directeur de la com chez Vuitton. Il a 32 ans. C’est ouf. Il a une ascension de dingue. Mais, j’ai aussi Clara Cornet, une amie, qui vient de reprendre un grand poste à 29 ans. C’est dingue. Sophie qui s’est complètement retransformée à l’âge qu’elle avait quand elle s’est retransformée, je ne sais pas sinon je te l’aurais dit parce que je sais qu’elle a aucun problème à le dire.  Je trouve ça dingue. Je suis très impressionnée par ces gens qui, très jeunes ou moins jeunes, arrivent à faire des parcours hyper impressionnants, hyper rapidement tout en restant hyper gentils, hyper polis. C’est ça qui est important. Hyper humble, hyper ouvert d’esprit, toujours là quand t’as besoin. Je pense que ces gens-là, c’est ça leur force en fait. Et moi c’est pour ça que j’essaye, de plus, en tout cas, je pense que je suis comme ça un peu naturellement mais c’est hyper important tous ces gens qui restent hyper présents et qui sont toujours prêts à aider et qui sont toujours prêts à te conseiller, qui sont toujours prêts à prendre le téléphone quand on a un besoin, qui sont toujours prêts à te mettre en contact avec quelqu’un si t’en as besoin. Et en vrai, tout le monde, tous ces gens-là fonctionnent un peu pareil. C’est un espèce de cercle vicieux hyper agréable. Moi je trouve.

C’est vrai, moi tous les gens que j’ai rencontrés jusqu’à présent via le podcast, ils ont tous, ils partagent tous cette, peut-être pas tous, mais globalement ils partagent ces valeurs-là.  Dernière question pour passer le relais, qui souhaiterais-tu entendre dans ce podcast ?

J’aimerais beaucoup entendre Clara Cornet.

Merci beaucoup Alexandra

Merci beaucoup.

A très bientôt. Salut.

Merci d’avoir écouté. Si vous êtes encore là c’est peut-être parce que l’épisode vous a plu. Si c’est le cas, je vous invite à laisser un commentaire sur Itunes et SoundCloud. C’est ce qui m’aide le plus à gagner en visibilité. Pour cela, rien de plus simple, lancez Itunes depuis votre ordinateur ou Apple podcast depuis votre iPhone et cherchez « entreprendre dans la mode » dans votre barre de recherche. Allez dans la section « notes et avis » et laissez un commentaire. Vous pouvez aussi choisir le nombre d’étoiles. 5 est de loin mon préféré. Merci de soutenir ce podcast et à mardi prochain pour un nouvel épisode.

 

#24 Charlotte Journo-Baur – Wishibam

Ecouter sur Apple/ iTune

Pour lire la retranscription de l’épisode rendez-vous sur www.entreprendredanslamode.com

 

Dans ce 24ème épisode nous allons à la rencontre de Charlotte Journo Baur, elle est la fondatrice de Wishibam.

Son leitvmotiv: l’émotion pousse à l’achat et l’expérience fait vendre. Wishibam est un CRM qui utilise le machine learning pour humaniser le commerce en ligne. Wishibam a un taux de conversion hallucinant de 23,7% et un taux de satisfaction client de 100%.

Dans cette épisode Charlotte reviens en autre sur son parcours, sur comment elle a fait pivoter Zoomdle vers Wishibam, elle nous parle de l’amour du client et de sa vie de chef d’entreprise.

C’est un épisode passionnant, j’ai adoré interviewer Charlotte, j’espère que vous prendrez autant de plaisir à l’écouter.

Et surtout, Bonne écoute!

 

 

 

Bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue dans « Entreprendre dans la mode ». Je suis, ce soir, avec Charlotte Journo Baur, la CEO de WISHIBAM. Bonsoir Charlotte.

 

Bonsoir.

 

Pour commencer, et comme je le fais avec tous mes invités, est-ce que je peux te demander de te présenter s’il te plaît ?

 

Oui bien sûr. Je m’appelle Charlotte, j’ai 28 ans, j’ai fait une école de commerce et des stages qui étaient très différents. Et, en fait, à la fin de mon école, où j’avais choisi le parcours entrepreneuriat, j’ai fait l’EM Lyon, j’ai décidé, sans trop vraiment m’en rendre compte, de reprendre une entreprise, et c’est comme ça que mon aventure dans l’entrepreneuriat a commencé.

 

Très bien. Tu vas un petit peu vite en besogne. J’aimerais bien que tu reviennes vraiment sur tes études supérieures, les stages que tu as faits et tes premières expériences professionnelles…

 

Ok. Du coup, moi, mon premier stage était chez Natixis, en financement de projet, à New York. Du coup, je faisais du financement de projets assez classique, sur des grosses transactions à plusieurs millions d’euros. Après, j’ai fait un stage chez L’Oréal en marketing développement et opérationnel. En gros, l’objectif de mon premier stage c’était de me structurer. L’objectif de mon second stage c’était de m’amuser. Et mon dernier stage, c’était chez AT Kearney, en conseil en stratégie. Et donc, du coup, c’était hyper pratique parce que ça mêlait ce que j’avais appris en finance, à ce que j’avais appris en marketing développement et opérationnel chez L’Oréal. Et, en fait, à la fin de ce stage, j’ai eu l’occasion de reprendre une entreprise. Et en fait, je travaillais, un peu, déjà en parallèle sur cette boîte qui s’appellait Zoomdl, et ça me plaisait tellement que je l’ai reprise.

 

Cette boîte, c’était quoi Zoomdl au départ ?

 

L’idée c’était de devenir le Shazam de la mode. Donc avec une techno de reconnaissance d’images on permettait aux clients de reconnaître ce qu’ils voyaient dans un magazine par exemple. Donc je voyais un produit qui me plaisait dans Grazia, je le prenais en photo, ça le reconnaissais et je pouvais l’acheter directement. Et, en fait, pourquoi on est devenu WISHIBAM du coup ? Quand j’ai repris cette entreprise, je me suis rendue compte, cette startup, du coup, je me suis rendue compte que c’était gadget mais que ça ne répondait pas à un vrai besoin client, parce qu’on avait des gens qui utilisaient cette application mais il n’y avait presque personne qui achetait. Et les personnes qui achetaient, avaient l’habitude d’appeler chez nous pour demander des conseils à des personnes dans notre équipe, et une fois, qu’ils avaient passé 20 minutes avec Marine ou Marion, ou n’importe qui de l’équipe, qu’ils aimaient bien, ils achetaient pour 1000 à 1500 euros. En fait, ces clients-là m’ont permis de prendre du recul et de me rendre compte que, finalement, quand on achète en ligne, on achète en ligne parce que c’est pratique et souvent parce qu’on sait exactement ce qu’on veut. Et quand on sait pas exactement ce qu’on veut et qu’on se rend en ligne, c’est beaucoup, beaucoup plus compliqué de trouver parce qu’il y a tellement de choix sur une marketplace que on s’y perd. Alors qu’en magasin, on voit le produit, on peut le toucher, on peut l’essayer et on peut être conseillé et on a une expérience d’achat qui est beaucoup plus sympathique. Et donc moi, j’ai une expérience dans les magasins, j’en parlais pas parce que c’était pas dans mes stages, mais ma grand-mère avait des boutiques. Et quand j’étais plus petite, pour gagner un peu d’argent de poche, j’étais vendeuse dans ses boutiques et j’avais remarqué que ma grand-mère, sa boutique, elle marchait ultra bien. Même si il y avait un centre commercial à côté. Et même si il y avait de plus en plus de gens qui achetaient sur Internet. Et pourquoi les gens allaient acheter chez ma grand-mère ? Parce que ces produits étaient sympas mais aussi parce qu’ils l’aiment bien et qu’elle vendait bien ses produits. Et ça c’est quelque chose qui n’existait pas en ligne. Et donc, en fait, les développeurs qui étaient déjà dans mon équipe sur Zoomdle donc…

 

Mais à l’époque vous étiez combien ?

 

On était une dizaine mais je me suis séparée de quasi la totalité de l’équipe qui était sur place à l’époque. Enfin, sur ceux qui était sur Zoomdle à l’époque, j’ai gardé mon site cto, Sami et une de mes commerciales, Marine, qui est, du coup, en charge, maintenant, des développements des partenariats stratégiques. Et j’ai reformé mon équipe.

 

Pourquoi t’as reformé ton équipe ?

 

J’ai reformé mon équipe parce que c’était un nouveau projet. C’était un nouveau concept. Nous ce qu’on voulait faire avec WISHIBAM, c’était humaniser le commerce en ligne et accompagner le client tout au long de l’acte d’achat, pour le servir au mieux, grâce à de la recommandation. Et ça, en fait, déjà, ce n’était pas forcément les mêmes développeurs parce que c’était pas les mêmes technos. Ensuite, je n’avais pas forcément besoin des mêmes profils. Et puis surtout, Zoomdl ça faisait un an et demi que ça existait quand je l’ai repris, et en fait, voilà, les gens étaient plus motivés.

 

Ça générait du chiffre d’affaires à l’époque ?

 

Ça générait rien, en 1 an et demi, ça a généré 30.000 euros de chiffre d’affaires. Donc c’était vraiment peanuts. Et donc, en fait, dans l’équipe que j’ai reprise, il y avait vraiment beaucoup de gens qui n’étaient plus du tout motivés. Et en fait, la première erreur que j’ai faite en tant qu’entrepreneur, c’était justement le fait de mettre trop de temps à m’en séparer. Parce que j’avais 25 ans, je sortais d’école, j’étais en stage avant. Je suis arrivée, je manageais des gens qui étaient souvent plus vieux que moi, qui avaient parfois plus d’expérience, très souvent plus d’expérience que moi. Donc en fait, déjà c’était compliqué de moi, comme ça, de prendre la décision de m’en séparer. et ensuite, je leur trouvais toujours un peu des excuses en me disant « Bon bah, en fait, les pauvres ils ne font pas de chiffre d’affaire, c’est vrai que ce n’est pas motivant…

 

A l’époque, tu es mentoré, tu étais accompagné à ce moment-là ?

 

J’avais mon board, ouais, qui me mentorais. Après non. Et d’ailleurs, une des personnes du board m’avait dit quand tu reprends une boîte, qu’il y a des gens qui respectent pas ce que tu veux faire, la première chose à faire c’est de couper une tête. Et j’ai mis trop de temps à couper ma première tête. Mais bon voilà. Et, en fait, pourquoi c’est très important de choisir son équipe ? Parce que c’est important, surtout quand on est une petite structure, de travailler avec des gens qui croient au projet, qui ont les mêmes valeurs que nous et qui croient aussi en nous et en notre capacité à leader le projet. Et moi, j’avais en face de moi des gens qui étaient fatigués et qui voyaient pas trop pourquoi on changeait d’idée. Et ils ne partageaient pas la même valeur qui était vraiment l’amour du client. Nous, moi, en fait, cette techno qu’on a développée, on l’a développée pour mieux servir le consommateur final. Vraiment. Pour recréer du lien en ligne. Et puis, en fait, il s’est avéré que en voulant faire ça, en voulant recréer une expérience d’achat en ligne presque digne du commerce physique et bien ça convertissait vraiment beaucoup, beaucoup mieux que…

 

Ouais je crois que les chiffres sont hyper impressionnants.

Ouais, on a un taux de conversion, donc là, ce mois-ci on est à 30,1% de taux de conversion sur notre solution sur notre Marketplace WISHIBAM. On a testé cette solution sur Venteprivée avec un taux de conversion à 28%.

 

C’est quoi les chiffres dans l’industrie ?

 

Sur Amazon par exemple, donc c’est quand même le King de l’e-commerce Amazon, le taux de conversion est autour de 5-6%. Et sur un site marchand qui marche bien et qui convertis bien, qui est bien optimisé, on est autour de 2%.

 

C’est hallucinant.

 

Donc, en fait, c’est beaucoup. Après, on convertit pas à 28% sur tout le site, c’est les personnes qui passent par l’assistant shopping, 28% des gens qui sont passés par l’assistant shopping ont acheté. Et souvent avec un panier moyen plus élevé. C’est ce qu’on voit chez nous, c’est quand on a un panier moyen qui est 20% plus élevé que ce qu’on a habituellement sur le site quand ils passent pas par notre solution. Et puis, on a surtout un taux de réachat, donc ça on n’a pas pu encore le tester sur Vente privée, mais on a surtout un taux de réachat qui est exceptionnel en ligne, puisque nous, on est autour de 84%. Et, en fait, on s’est rendu compte en faisant ça, que en voulant juste offrir une expérience qui est bonne aux clients on répondait à un vrai besoin. Effectivement, celui du client parce que sinon ça ne marcherait pas mieux. Mais aussi, à une vraie problématique qui est celle du e-commerce qui est que, en fait, aujourd’hui, les marchands, il y a une compétition qui est tellement énorme sur la mode et la beauté que tout le monde dépense une tonne en marketing en ligne pour avoir des visiteurs qui viennent sur leur site. Et puis derrière personne n’achète. Enfin, 2%. 99% des gens qui se rendent sur les sites n’achètent pas. Et moi, mon métier c’est de faire en sorte que ceux qui viennent achètent. Et qu’ils aient une expérience qui est tellement bonne quand on s’est occupé d’eux, qui rachètent après.

 

Alors, attends, j’ai plusieurs questions qui me viennent. Sur le recrutement, quand tu choisis des collaborateurs, tu nous parle de valeurs mais concrètement tu leur pose quoi comme question ? Comment tu fais pour que, pendant ton entretien qui va durer une heure, une heure et demie, deux heures peut-être, avec toi et avec plusieurs de tes collaborateurs vous allez spoter quelqu’un qui a le même état d’esprit que vous ?

 

Alors moi déjà, j’ai lu un livre que je recommande à ceux qui écoutent ton podcast qui est « The A method for hiring ». Désolée, j’ai essayé de faire un anglais-français. Il est en anglais. C’est un super livre qui explique que, en fait, malgré tout ce qu’on peut penser, il y a des vraies méthodes pour recruter. Il faut arrêter de poser des questions totalement absurdes aux candidats en fonction du feeling pendant l’entretien. Et qu’il faut qu’il y ait des entretiens qui sont beaucoup plus normés. Donc moi, en fait, une fois que j’ai lu ce livre ça a changé ma vie. Donc, j’ai déjà normé les entretiens avec un tas de questions qui sont toujours les mêmes. Parce que le problème c’est que, en fait, déjà la première, le premier souci quand on veut recruter, qu’on est une petite, c’est de recruter des gens qui sont à la fois hyper compétents et qui sont accessibles en termes de prix et qui ont vraiment envie de rejoindre la boîte. Parce que pourquoi quelqu’un qui sortirait d’une grande école, qui serait hyper brillant, serait ok pour bosser deux fois plus que dans une grosse boîte. On bosse quand même beaucoup quand on est dans une petite boîte, enfin, il faut se donner. A un salaire qui n’est pas forcément aussi bon et sans les avantages d’une grosse boîte. Donc, déjà voilà. Ça c’est le premier plan. Et donc, en fait, je pense qu’il faut faire attention et se demander ce qui compte dans un premier temps, en tous les cas, dans le premier stade du développement de la boîte. Qu’est-ce qui compte le plus ? Est-ce que c’est la motivation de la personne ? Est-ce que c’est vraiment, évidemment il ne faut pas recruter quelqu’un qui est hyper motivé et pas compétent, c’est pas du tout ce que je dis. Mais je pense que c’est hyper important de recruter des gens qui sont hyper motivés et où on sent que l’on va réussir à les faire monter en compétence, vraiment monter en compétence. Même si, à la base, c’est pas des gens qui ont 10 ans d’expérience. Et après, il faut savoir bien s’entourer. Et en fait, «  The A method for hiring », la raison pour laquelle j’en parlais, c’est qu’effectivement, en entretien, avant j’avais tendance à poser des questions un peu, alors je vois que t’aime les animaux, machins, et moi j’adore les chiens, et donc forcément, la personne si elle me parlait de chien, j’avais plus de, j’aimais plus la personne. Ce qui est totalement débile parce que moi je ne recrute pas quelqu’un parce qu’il aime les chiens mais je recrute quelqu’un parce qu’il a les mêmes valeurs, que lui aussi, son obsession c’est de rendre ses clients heureux et il a une grosse capacité de travail et il est un peu Smart quoi.

 

Qu’est-ce que tu lui dis pour le convaincre ?

 

Ben je lui raconte le projet.

 

Qu’est-ce qui fait que ça fait tilt dans leur tête ? Ils ont envie de foncer ?

 

Je ne sais pas, je pense que, honnêtement, en fait, nous, notre ambition chez WISHIBAM, c’est d’assurer aux retailer la diversité, d’assurer aux clients pardon, la diversité du commerce de demain. Parce que, aujourd’hui, on s’en rend, peut-être pas tous, comptes mais c’est hyper vrai. Aujourd’hui, la croissance du commerce est trusté par Facebook, Amazon et Google. Et les retailers, et nous, par contre, on s’en rend bien compte en étant une marketplace, ils ont super mal. Et, en fait, si on continue comme ça, si on continue à faire du commerce comme ce qu’on faisait avant, et bien, en fait, c’est la fin des modes de consommation vraiment basée sur l’expérience. Puisque l’expérience d’Amazon, elle est super, dans le sens où, j’arrive sur Amazon, je trouve le produit que je veux parce qu’il y a tellement de choix que, en général, je trouve le produit que je veux et puis derrière, je suis livré dans l’heure ou dans la journée ou max, dans une semaine. C’est ça l’expérience d’Amazon. Mais, en fait, Amazon, il y a, avant de réussir à avoir le service client d’Amazon, il se passe quand même du temps.

 

Il faut trouver le numéro déjà.

 

Exactement. Faut aller trouver le numéro. Et puis, il n’y a pas d’expérience d’achat émotionnelle. Et nous, c’est ce qu’on veut vraiment. Nous on pense que, en permettant aux retailer, donc comme Venteprivée, comme d’autres e-commerçants, de remettre l’expérience d’achat au cœur de l’ADN de leur marque, c’est comme ça qu’ils feront la différence. Parce que Amazon ils ne vont jamais, ils vont être, ça marche tellement bien aujourd’hui comme ça, qu’ils ne vont pas essayer de remettre un peu d’humain dans leur façon de faire. Peut-être qu’ils vont essayer mais voilà… Nous, en fait, notre solution en marque blanche c’est quoi ? C’est un algorithme hyper poussé et une validation humaine pour que la recommandation de l’algorithme soit hyper pertinente. Et nous, on utilise justement les algorithmes, pas pour remplacer les hommes, mais pour permettre aux experts d’intervenir là où ils créeront de la valeur. Et pour nous, là où ils créent de la valeur, c’est là où ils créent du lien avec le client. Et là où ils conseillent le client. Et, en fait, on se rend compte que les gens ont envie d’être conseillés, ils ont envie d’être considérés. Qui, bon après peut-être que je me trompe encore une fois, mais j’ai quand même l’impression que le propre de l’être humain, c’est d’avoir envie de se sentir considéré et d’avoir envie de se sentir important. Et bien, nous c’est ce qu’on permet grâce à notre solution. Ma conviction, c’est que, en mettant ça sur d’autres e-commerçants, sur d’autres marques, on leur permettra de se différencier différemment parce que personne sera aussi bon que Amazon sur la logistique. Ce n’est pas vrai. Personne sera aussi bon qu’Amazon sur l’hyper choix. Ça franchement, ou alors, si il y a Alibaba. Bref, mais c’est très compliqué pour d’autres d’être aussi bons là-dessus. Mais par contre, là où ils peuvent se différencier, c’est sur une expérience d’achat qui est différente, qui est plus axée sur l’émotion, qui est plus axée sur le conseil. Et puis, aussi, sortir de cette spirale infernale qui est le prix. Parce qu’aujourd’hui, les gens quand ils achètent en ligne qu’est-ce qu’ils veulent ? Ils veulent des codes promos. Franchement. Autant, quand on va dans une petite boutique, on achète au prix fort et voilà parce que, en plus, il y a la vendeuse, elle est en face de nous, et puis, on n’a pas envie que la boutique disparaisse ; autant, mais moi la première, si j’achète sur un autre site, je cherche le code promo. Et on se rend compte que c’est comme ça que le e-commerce fonctionne aujourd’hui. C’est perforé au code promo. Nous, en fait, en permettant d’avoir une expérience et en ayant du lien, on arrive quand même à sortir de ce le code promo à tout prix qui tue les marges. Et, du coup, qui fait qu’on développe des business sur des business model, les business model aujourd’hui sont quand même en aberrant parce qu’on trouve ça normal de ne pas être rentable pendant 20 ans. Alors que, à l’époque de nos grands-parents, mais personne n’aurait continué un business où on n’est pas rentable. Je ne dis pas que c’est pas bien. Je trouve pas, je ne dis pas que c’est pas bien ou que c’est bien, je dis juste que, en tous les cas, aujourd’hui, le code promo sur des marketplace ça fait que la marketplace elle est jamais rentable. Parce que, entre les coûts d’acquisition qui sont hyper élevés, les codes promo qui sont sur 60% des commandes et la marge qu’on arrive à avoir en étant une marketplace, tu ne peux pas t’en sortir si tu offres pas autre chose que ça.

 

Vous êtes rentable vous ?

 

Non, nous on n’est pas rentable non plus. Parce que, comme on a un petit site sur la partie BTOC, on prend des marges qui ne sont pas forcément hyper élevées. Maintenant, on a un coût d’acquisition, du coup, qui est hyper faible parce que nous on a toujours grossi sans faire de marketing en ligne traditionnelle. C’est-à-dire que je ne fais pas AdWords, et le seul argent qu’on investit, c’est peut-être cinq euros par semaine sur Facebook pour sponsoriser des post, mais bon c’est tout. Et, en fait, on a vraiment grossi grâce à du bouche à oreille. Donc, je ne suis pas rentable mais c’était pas, je m’en sors quand même mieux que beaucoup d’autres.

 

D’accord, j’aimerais qu’on revienne sur, vraiment, les tout débuts de WISHIBAM. Concrètement t’as recruté quels types de personnes ? C’était quoi les problématiques au tout début ? Et j’aimerai que tu nous fasses l’évolution jusqu’à aujourd’hui. En partant du principe que moi j’y connais absolument rien et j’aimerais que tu utilises des mots les plus simples possibles pour tous les gens qui écoutent, qui ne sont pas forcément des spécialistes du e-commerce.

 

Nous, WISHIBAM, on a commencé par recruter des développeurs parce que, j’ai quand même gardé à l’époque quelques développeurs faut pas déconner, c’est juste que le marché du travail est fait de telle façon que les développeurs c’est compliqué de les garder longtemps. Même si ce qu’on a aujourd’hui sont hyper fidèles et j’espère qu’ils le resteront le plus longtemps possible.

 

Parce que les bons ils se font chasser ?

 

Ah mais toute la journée ! Mais même les mauvais. Les bons, les mauvais, tout le monde. D’ailleurs, mon petit frère, qui était pas hyper scolaire, qui cherchait une bonne fac, je lui ai dit tout de suite d’apprendre à coder, il n’a pas voulu, c’est dommage, mais franchement, c’est un marché qui est totalement en leur faveur. Donc, nous, on a cherché des développeurs qui étaient bons et qui étaient capables de développer la solution que j’avais imaginée. Puisque celle-là elle n’existait pas du tout pour le coup.

 

C’est une solution from scratch ? Tu utilises quoi comme.

 

En fait, nous, notre solution technique, elle se divise en deux parties. Il y a la partie qui est visible par le client, qui est la partie chat. Mais il y a deux ans et demi, ce n’était pas du tout à la mode les chats, c’était un peu innovant quand même de faire un chat. Donc c’est un chat qui est 100% automatique et qui permet de capter les besoins du client. Et une fois qu’on a compris ce que voulait le client, cette conversation…

 

C’est l’intelligence artificielle qui gère le truc en direct ?

 

Exactement. Et après, ça, s’est renvoyé sur le back office, sur le CRM qu’on a développé, qui prend en compte toutes les informations qu’on a sur le client. Par exemple, depuis quand il est client, comment il s’appelle, s’il nous l’a dit, quel est son panier moyen s’il a déjà acheté, quels sont les derniers produits cliqués, les derniers produits achetés, qui nous permettent de faire un profiling, un profil client quoi. Derrière, comme on est une solution de personnel shopper, les clients souvent ils ont rempli leur profil mode, ce qui nous permet aussi de savoir ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas, et un peu, de les catégoriser. Donc ça, ça nous fait déjà notre notre première base. A laquelle on ajoute tout ce qui a été dit lors de ce chat qui a eu entre le client et notre techno quoi. Il y a une première sélection qui se fait de façon algorithmique et qui prend en compte tout ça. Et derrière, il y a un lien humain qui va valider cette sélection , potentiellement l’affiner s’il en a besoin, et qui va, donc une fois qu’il a valider, écrire une petite recommandation qui laissera entendre aux clients que c’est une vraie personne qui s’est occupé de lui et que c’est vraiment le bon produit pour lui. Par exemple, cet exemple je le reprends souvent parce qu’un algorithme tout seul n’est pas capable de comprendre ça, en tous les cas, la première fois. Il y avait une cliente qui nous, qui cherchait un pantalon et qui nous disait qu’elle était très complexée des mollets, ben, en soit, mon algo, tout seul, il est pas capable de se dire que, de comprendre complexée des mollets, et du coup, de trouver des pantalons un peu large du bas. Alors que mon humain est capable de le faire. Et, il est capable de dire aussi l’heure de, et quand il va envoyer la sélection à la personne, il va lui dire, bon bah voilà j’ai bien pris en compte votre petit complexe, je vous avoue que moi aussi, je sais pas quoi, donc du coup, j’ai opté pour des pantalons un peu plus évasée du bas, sans trop, pour pas que sa tasse votre silhouette ou j’en sais rien. Et bah c’est beaucoup plus pertinent pour le client de recevoir ça. Donc ça marche mieux aussi.

 

Et à quel moment l’humain intercepte le client ? Le client est pris en charge sur la première partie par la machine, et à quel moment l’humain spote ?

 

Il reçoit, en fait, aucune réponse aux clients, aucune réponse de recommandation aux clients ne part sans validation humaine.

 

Mais ça, quand vous avez une affluence énorme sur votre site, comment vous le gérez puisque vous n’avez pas assez d’humain derrière les machines.

 

Alors c’est typiquement la question qu’on me pose souvent et ma façon de penser c’est pas vraiment combien ça va me coûter, c’est plus combien ça me rapporte de faire ça. Donc moi, si à un moment j’ai un million de demandes en même temps, je ferai en sorte d’avoir des gens qui sont capables de répondre à ces demandes. Le fait qu’il y ait un algorithme et le fait que ce soit basé sur du machine learning ça fait aussi que, ben, plus on a de data et plus la sélection est pertinente, et plus, mon humain traite vite les demandes. Par exemple, quand on avait fait un test sur venteprivée, on n’avait pas beaucoup de données puisque c’était le premier test à ce moment-là. Et quand même, notre algo était assez performant pour que une personne traite en maximum, maximum 2 minutes, une demande. Donc moi, et encore ça fait 2 ans et demi, qu’on bosse sur cet outil, que l’on bosse sur ce CRM et on est en train de renflouer nos équipes techniques pour que ce soit encore plus performant et encore plus pertinent. Mais voilà, nous aujourd’hui, notre boulot c’est de faire en sorte de réduire au maximum le temps humain, sur la partie sélection. Et l’aider à apporter sa reco de façon plus pertinente, plus rapidement. Par exemple, typiquement, notre algo il commence à être bien au point, maintenant, pour remplacer l’humain, notre expert qui, notre assistant shopping qui va taper sa recommandation « alors si vous êtes complexée des mollets etc » et ben, on travaille sur de la Voice pour que la personne elle le dicte et que ça l’écrive. Donc typiquement, on parle plus vite que ce qu’on écrit donc on gagne du temps. On a identifié des points sur lesquels on pouvait gagner du temps tout en restant aussi performant.

 

Les humains qui sont derrière les machines, donc ce sont des vrais humains, des vraies personnes , c’est quoi leur profil ?

 

C’est des gens, comme on est, donc on l’a lancée sur notre marketplace mode et beauté, et là, aujourd’hui, on développe, dans un premier temps, la mode et la beauté puisque c’est des secteurs qu’on maîtrise puisque c’est ce que l’on a déjà fait. Même si on nous a demandé de le développer pour le voyage, pour la voiture, pour d’autres secteurs où c’est pertinent aussi. C’est des gens qui s’y connaissent hyper bien, c’est des gens qui ont fait des études de conseiller en image, et voilà, c’est des gens qui aiment vraiment ça. Qui aiment à la fois le contact avec le client et qui aiment la mode et la beauté. Et quand ils ne sont pas occupés sur tout le temps, ils écrivent des articles pour donner des conseils, donner leur avis. C’est vraiment des gens qui s’y connaissent. Un peu comme quand vous allez chez Décathlon, où finalement le type, le vendeur chez Décathlon, son rôle n’est pas de vous apporter vos baskets qui vont vous faire, vous permettre de faire un running, c’est de vous donner des conseils, c’est de lui-même être un runner et de vous expliquer comment il faut faire pour améliorer vos performances.

 

Comment vous les formez ces gens quand ils arrivent ?

 

En fait, ce qui est intéressant dans notre solution, et c’est pour ça qu’elle est hyper pertinente et qu’on n’est pas du tout inquiet sur le fait que une boîte nous copie, quelqu’un crée une solution interne, c’est un peu le risque aussi quand on va développer ça chez des e-commerçants, d’avoir des gens qui nous copient c’est un vrai risque. Moi je pense que les personnes qui essayeraient de nous copier n’arriveraient pas du tout parce que, comme à la base WISHIBAM c’était vraiment du BtoC, quand on a pensé notre outil, on l’a pensé pour répondre aux besoins des clients finaux et pour aider les personnes qui étaient déjà en place à gagner du temps. Donc, en fait, on répondait, non seulement, à un besoin business mais à un besoin practice. Donc, en fait, notre outil est hyper compréhensible. Il est déjà hyper optimisé. Ça veut dire que quelqu’un, je le pousse à l’extrême, quelqu’un qui ferait du service client et qui n’y connaît rien à la mode mais qui a un bon relationnel, il est capable de pousser des bons produits, même s’il n’est pas du tout Tech parce que c’est hyper simple.  Il reçoit la reco, il voit les termes importants pour le client, tout ce qui est important pour le client il le voit en un clin d’œil, après il peut rentrer dans le détail avec quelques clics etc. Mais voilà il les voit en un clin d’œil. Il pousse sa reco, enfin, il a une reco qui arrive. Il lui suffit de cliquer et d’écrire son message. Hyper simple.

 

J’ai vu que tu étais aussi conseillère.

 

Ouais. Après c’est vrai que, de temps en temps, et assez souvent, je réponds aux demandes d’assistance shopping.

 

C’est quelque chose que tu as fais depuis le début j’imagine pour comprendre. Au début t’avais les mains dans le cambouis.

 

Oui mais je le fais encore, moi j’adore voir ce que demandent les clients parce que ça me permet un, d’améliorer mon outil et deux, de voir si les assistants shopping qui travaillent répondent de façon pertinente. Sachant qu’on a quand même un système pour monitorer les performances des uns et des autres, pour voir si il y a des personnes qui marchent mieux que d’autres. Mais voilà, moi aussi j’aime la mode et du coup, quand les questions sont pas trop techniques, en général j’arrive à bien y répondre.

 

Très bien. Donc là, ça fait deux ans et demi que vous avez démarré, vous avez passé vraiment beaucoup de temps à perfectionner l’outil, la machine et l’humain, le service client.

 

On a un taux de satisfaction client de 100%.

 

C’est vrai ? Et comment vous calculez ?

 

Sur la partie WISHIBAM, c’est très simple, c’est des questionnaires de satisfaction qui sont envoyés via XenDesk. Alors après tout le monde ne répond pas mais bon, ceux qui répondent, en tous les cas.

 

Vous êtes accéléré en ce moment chez VentePrivée, Impulse, vous êtes passés par d’autres accélérateurs ?

 

Non. C’est le premier. Au début, quand on a développé notre solution, on la développé pour nous en BTOC, donc pour avoir un angle qui était différent d’être juste une marketplace. Moi, mon objectif c’était de dire que les clients qui allaient venir chez moi, ils allaient acheter. En gros, mon obsession c’était de faire en sorte de convertir, de me concentrer sur la conversion. En fait, on a vu que ça marché hyper bien. Et, du coup, les marques qui travaillaient avec nous sur la marketplace, ont commencé à nous soumettre l’idée de le développer en marque blanche. Et, en fait, à la base quand même la solution on l’avait pensé juste pour nos besoins propres d’un point de vue compatibilité technique. Et donc, du coup, au moment où on a postulé pour l’accélérateur de venteprivée, on l’avait juste pour nous et on a développé cette compatibilité technique à ce moment-là. Par contre, on avait été pris aussi dans l’accélérateur, dans l’incubateur de Voyagessncf qu’on n’avait pas pu faire. On avait choisi d’être chez vente privée ça se prêtait plus en termes de secteurs quoi. Enfin non, sur ce qu’on savait faire, ça se prêtait plus sur du court terme. Après moi, je suis persuadé que ça marcherait hyper bien sur le voyage, parce qu’en fait, la solution qu’on a développé, elle se prêterait, honnêtement, sur tous les secteurs où on a besoin d’un service. Où on a besoin d’avoir un conseil, quelqu’un qui nous fait gagner du temps. Donc voilà, donc on avait choisi Venteprivée parce que, ce qui nous intéressait, c’était aussi de tester notre solution sur leur plateforme. On est en test.

 

Qu’est-ce que ça vous apporte ? Qu’est-ce que ça a changé pour vous ? Puisque ça fait, vous faisiez partie du premier ?, donc ça fait plus de neuf mois maintenant que vous y êtes, concrètement qu’est-ce que ça apporte à part de tester en grandeur nature ?

 

Ça apporte surtout de tester en grandeur nature. Après, sinon moi, j’ai la chance d’être une fille dans la tech, donc j’avais déjà des RP assez naturel. Donc voilà, en plus, on avait eu un tweet de Macron, donc, du coup, ça nous avait aidés pas mal, pour avoir de la presse. Mais non, non, c’est vraiment l’opportunité de pouvoir tester sur un gros site. C’est aussi une référence.

 

Ça apporte de la légitimité aussi.

 

Exactement. Ça apporte de la légitimité. Donc voilà, c’est hyper intéressant pour nous et dans nos négociations, là, avec les marques en cours, je pense que ça les rassurent de savoir que on fait partie …

 

D’une grosse maison, d’une grosse boite.

 

Ouais

 

Aujourd’hui vous êtes que je chez Venteprivée et surtout WISHIBAM en direct

 

Ouais, mais on est en discussion avec plein de marques.

 

Tu peux nous dire ?

 

Non, je ne peux pas dire. Mais on est en discussion avec plein de marques. On est aussi bon, comme la Compagnie de Phalsbourg est un de nos principaux actionnaires, on va le mettre là sur un centre qu’on est en train de digitalisation totalement et qui va sortir début mai.

 

Tu peux rappeler pour les gens ce que c’est la Compagnie de Phalsbourg ?

 

C’est des promoteurs immobiliers, ils font beaucoup de centres commerciaux. Du coup, c’est des centres commerciaux très axés justement mode et beauté. Et, il y a un nouveau centre qui va sortir, justement, début mai, sur lequel, qu’on va rendre 100% online. Sur lequel on va mettre notre solution et sur la partie en ligne et sur la partie physique parce que la valeur de notre boîte ce n’est pas vraiment le chat. Bon ben voilà maintenant tout le monde le fait. C’est vraiment le CRM qu’on a développé qui peut permettre aussi aux vendeurs en magasin, de vendre de façon plus efficace puisque en reconnaissant, enfin en reconnaissant leurs clients ils ont directement accès au profil de la personne, qui peuvent enrichir.

 

 

Aujourd’hui vous vous adressez principalement à des grosses boîtes. J’imagine que pour des raisons de croissance le plus rapide possible, c’est intéressant de se frotter et d’avoir comme clients des grosses boîtes, mais est-ce qu’un petit commerce, un petit designer dans son coin il pourrait mettre ça en place aussi ? Est-ce que vous avez une solution pour eux ?

 

Ben oui bien sûr. En fait, nous, en fait on s’adresse pas du tout qu’à des grosses boîtes. D’ailleurs, là, dans les boîtes sur lesquelles on est en train de mettre en place notre solution, il y a des grosses boîtes et il y a des marques qui sont beaucoup moins grosses mais qui marchent bien déjà mais qui ont un site qui est beaucoup moins connu. En fait, le seul truc c’est que les cycles de développement, les cycles de négociation sont hyper longs sur des grosses boîtes et ils ont des road map techniques qui sont très compliquées. Le problème des plus petites boites c’est, qu’en général, ils externalisent la technique et donc, du coup, sur les road map technique, c’est aussi compliqué. Parce que même si nous, c’est très simple de s’interfacer avec nous, il faut quand même qu’on ait certains accès et ça, seuls les développeurs peuvent nous les donner.  Donc, en fait, s’ils n’ont pas accès de façon rapide aux développeurs, ça prend du temps. Donc c’est juste que pour le même cycle de négociations, le même temps de négociation, autant avoir un gros qui va me faire plus de chiffre d’affaires. Maintenant, s’il y a des petites boites qui sont agiles, nous on a qu’une envie c’est de les mettre rapidement. A bon entendeur.

 

Très bien. C’est noté. Il y a d’autres gens qui font la même chose que vous aujourd’hui ? C’est qui vos concurrents ?

 

En fait, des concurrents, on en a pas vraiment. On a des concurrents un peu en indirect qui sont toutes ces solutions. Aujourd’hui, ouais, on a des concurrents qui sont en indirect qui sont ces solutions de chat. Pourquoi c’est des concurrents même si on n’a rien à voir ? C’est parce que entre ma solution et la leur, ben moi quand je vais voir les enseignes, il faut que pour qu’ils testent ma solution, qu’ils désactivent le chat en cours.  Et ça, les enseignes, elles se disent franchement ce truc là on l’as mis, ça marche à peu près, bon. Sauf que moi, ma solution je sais très bien qu’elle marche 10 fois, vraiment littéralement, 10 fois mieux que les autres. Donc ça c’est un peu frustrant parce qu’il faut arriver juste à convaincre la personne de juste nous donner la chance de désactiver ce chat pendant un mois et de tester notre solution. Maintenant pour contourner ça, on est en train de voir pour développer justement, parce que, à la base, notre produit est chat plus CRM, et là, on est en train de voir, pour justement, se plugger de façon rapide sur les chat existants. Ce qui nous permet, en fait, de les avoir comme apporteur d’affaires plus que comme concurrents. Mais aujourd’hui, on a un CRM qui est ultra développé sur le marché, et qui est vraiment, vraiment, vraiment bon, sur lequel on prend et les informations données sur la partie en ligne et les informations qui sont de l’ordre beaucoup plus qualitatifs. Par exemple, quand la clientèle elle te dit qu’elle est complexée des mollets, mais personne n’a ça, à moins que la vendeuse en magasin, elle le note sur la fiche client, ce qui est hyper rare. Donc voilà, par exemple, sur le test qu’on va faire avec la Compagnie de Phalsbourg, on va avoir les données en ligne, les données en magasin et les données données lors du chat. Donc c’est vraiment un CRM ultra complet et c’est ça qui a de la valeur dans notre boîte aujourd’hui. Je ne sais pas si c’est clair.

 

C’est très clair. Aujourd’hui, votre modèle économique sur WISHIBAM c’est quoi ?

 

Du coup, on a toujours la partie marketplace sur lequel on se rémunère comme une marketplace en prenant une commission sur les produits vendus. Nous on a toujours marché beaucoup à la performance donc il n’y a pas de frais d’entrée quand on rentre sur notre marketplace, c’est des marques qu’on aime et donc du coup, qu’on a envie de référencer et on sait quelles vont marcher chez nous donc nous on est tout à fait à l’aise avec le fait de se rémunérer juste à la vente. Et après, sur la partie marque blanche, ça dépend. On a une solution SAS 100% gérée par le client et donc, du coup, c’est juste une licence mensuelle pour bénéficier de cette solution. Et puis après, on propose aussi une offre sur laquelle il y a des personnes de l’équipe qui sont dédiées aux comptes et donc, dans ce cas, c’est une autre sorte de rémunération où c’est une partie à la performance plus la licence. Genre 10% du chiffre d’affaires généré plus la licence. C’est pas énorme.

 

Ça prend du temps à mettre en place?

 

Non c’est très rapide. Et justement, on travaille vraiment là-dessus, sur la rapidité de l’interfaçage parce que c’est vraiment le seul point, où du coup, on a des négos qui traînent donc on travaille vraiment là-dessus. Le seul problème c’est que, par exemple, par rapport à un eyeadvise, eyeadvise c’est juste une solution de tchat par exemple. Et j’en parle parce que c’est des concurrents indirects, dans le sens où ils ont un chat et derrière un humain qui reprend la main. Mais il n’y a pas du tout la partie CRM et pas du tout la partie recommandation de produits. Il peut y avoir de la recommandation de produits d’un humain mais en fait, c’est vraiment la personne qui va aller chercher sur le site avec un double écran les liens des produits qui pourraient plaire aux clients. Donc, il n’y a rien de facilité. Par exemple, eux, ben voilà, c’est très simple de les mettre en place parce que c’est juste un chat. Nous, comme il y a la partie recommandation, on a vraiment besoin d’être pluggé sur le back office du client parce qu’on a besoin de récupérer son flux produit. C’est le seul, c’est pour ça que je disais que si on n’a pas accès aux développeurs de la marque c’est compliqué puisque c’est compliqué d’avoir accès aux ux produits et à la data du client.

 

Toi, c’est pas du tout ton background le développement, comment t’es formé justement à ça ?  T’es pas développeuse, t’as pas les mains dans le cambouis, dans le code mais faut bien que tu comprennes quand tu parles avec.

 

En fait, moi ça me passionne. En fait, je suis une geek, je suis une wanabe geek quoi. J’adore ça. Je regrette vraiment de ne pas avoir appris à coder quand j’étais petite.

 

Il n’est pas trop tard, non ?

 

En fait, vraiment je bosse beaucoup…

 

Donc t’as pas le temps, tu ne trouves pas le temps ?

 

Franchement, je travaille vraiment vraiment beaucoup. Je bosse tous les weekends, tous les soirs jusqu’à 22 heures, 23 heures, quand je rentre je dors. Mais, si j’ai regardé des trucs, j’ai lu des trucs, je fais quelques petits trucs mais c’est clairement pas au niveau de ce que je veux faire. Et au niveau de notre ambition. Mais par contre, je comprends très bien quand un développeur m’arnaque sur la roadmap, le temps de développement, ça je le comprends très vite parce qu’en fait, voilà, au bout de deux ans et demi à travailler tout le temps avec des développeurs, je comprends comment ça fonctionne. Et puis aussi, je suis hyper proche de mon site cto qui fait partie de mes meilleurs amis maintenant. Et, du coup, voilà à force d’échanger avec lui et parce qu’on est hyper complice intellectuellement, ça me permet aussi d’apprendre quoi.

 

 

 

CTO c’est quoi ?

 

Chief Technical Officer. C’est la personne en charge de la partie technique.

 

D’accord. Très bien. Justement c’est quoi ton moteur ? Tu me dis tu bosses jusqu’à 22h tous les soirs. Tu bosses jour et weekend. Qu’est ce qui te pousse à faire ça ?

 

Ben moi, en fait, je suis, du coup je l’ai dit un peu de façon partielle, mais en fait, je suis vraiment fille et petite-fille de commerçants et de retailer après. Et puis, en fait, c’est drôle parce que dans mon histoire donc ma grand-mère et mon grand-père avaient des petits magasins. Mon père il a fait, il a eu des magasins aussi. Et puis après, il a fait des centres commerciaux. Et puis moi, je suis un peu la génération d’après, qui a envie d’apporter sa brique au e-commerce. Donc, je pense que c’est ça qui me motive. Je pense aussi que quand on fait, quand on monte une boîte, on le fait pour deux raisons. Il y a pour la gloire et puis, il y a pour gagner l’argent. Moi, clairement, je dirais pas que c‘est pour la gloire, mais moi ce qui me plaît, c’est vraiment impacter, avoir un impact sur les modes de consommation ça me plaît, ça me motive. Je n’ai vraiment pas envie du commerce que propose Amazon avec Amazon Go, où on arrive dans des magasins où il n’y a plus de, où c’est totalement déshumanisé, où il n’y a plus d’actions, où il n’y a plus lieu de vie, où il n’y a plus rien. Et j’ai envie de développer quelque chose qui permette à des concurrents qui sont beaucoup, beaucoup plus petits qui n’ont pas du tout les moyens de pouvoir lutter un peu à armes égales avec des gros. Et c’est pour ça que parfois, en fait, dans les négos que j’ai avec les marques, ça m’énerve parce que j’ai envie de leur dire mais bougez-vous quoi, en fait, c’est pas le sujet. C’est maintenant qu’il faut prendre la décision parce que dans cinq ans, si vous continuez comme ça vous n’existerait plus. Et c’est ça qui m’anime. Ça c’est le premier truc. Et puis derrière, j’adore les gens avec lesquels je travaille, vraiment. C’est des gens, c’est des personnes qui me donnent aussi envie de me lever le matin. Et je considère que ma responsabilité vis à vis d’eux en tant qu’employeur, c’est de faire en sorte que cette boîte, elle grossisse et que ça devienne une grosse boîte pour que, pour déjà, si eux ils ont envie de rester, j’espère le plus longtemps possible, ça leur permettent de monter. Et si un jour, ils ont envie de partir et d’avoir une autre expérience, que ça leur permette d’avoir une expérience qui soit valorisante pour eux.

 

Comment tu gères les moments de doute ?

 

Je pense que pour être un entrepreneur, alors je ne sais pas, peut-être que je me trompe, mais je pense que je suis un peu hystérique. En fait, quand on est entrepreneur, on a des moments de bonheur qui sont hyper intenses et des moments de doute qui sont, et de tristesse parfois qui sont hyper intenses aussi. Et puis, en fait, on alterne entre ces pics de bonheur et ces pics de doutes. Et voilà, et en fait, le tout est de faire en sorte que ben, on arrive à croître quoi comme ça. Comment je gère les moments de doute ? Je ne sais pas. Je me pose, j’en parle avec les gens de mon équipe, je ne parle pas de tous mes doutes avec les gens de mon équipe, parfois je ne veux pas leur faire peur. Du coup j’échange beaucoup avec mon cto, j’ai la chance d’être quand même bien entouré par un board qui est hyper compétent. On en parle beaucoup ensemble. Je ne le fais pas assez mais j’aimerais vraiment le faire plus. Je rencontre des personnes que je trouve hyper inspirante. J’écoute des podcasts.

 

Qu’est-ce qui t’inspires et quels podcasts écoutes-tu alors ?

 

J’écoute des podcasts sur l’entrepreneuriat, j’ai un trou de mémoire là, mais j’ai écouté pas mal de trucs sur, bref j’ai écouté pas mal de trucs de « The family », j’ai écouté beaucoup de, il y a  quelqu’un qui m’a vachement inspiré et après j’ai eu la chance de le rencontrer donc j’étais contente. C’est Jean de la Rochebrochard, qui, du coup, travaillait chez Kima. Et, en fait, un jour justement où j’avais un gros moment de doute, je suis tombé par hasard sur une vidéo d’une conférence qu’il donnait où il donnait des exemples d’entrepreneurs justement et de leurs doutes et de ce qu’il s’était passé, de leur histoire. En fait, je m’étais vachement reconnu dans ce qu’il disait, dans ce qu’il racontait et ça m’avait regonflé à bloc. Et ça m’avait permis justement de perdre moins de temps dans ces moments de doute. Après je pense que ce qui est important aussi, c’est de faire la part des choses entre la persévérance et l’acharnement. Et c’est aussi, d’ailleurs, ce qui a fait qu’on a pivoté assez vite, c’est-à-dire qu’assez vite, j’ai vu que le modèle que j’avais repris et que je trouvais génial à la base parce qu’il y a un vrai effet waouh, flashé un produit et le reconnaître. En fait, c’était de l’acharnement que de le continuer parce que ça ne marchait pas, ça répondait pas à un vrai besoin client. Je pense que c’est important d’être bien entouré. C’était important de savoir s’entourer quoi. J’ai lu beaucoup de livres aussi.

 

Tu peux nous conseiller quelques livres ?

 

Alors, moi j’ai adoré le livre sur Zappos, est-ce que ça s’appelait, je crois que ça s’appelle juste Zappos. Celui-là, il m’avait vachement plus. Le dernier que j’ai lu, qui est top, c’est « Start with why », donc qui est, commence d’abord avant de, quand tu veux lancer quelque chose trouve ce que c’est ton Why à toi, pourquoi tu veux le faire. Le Why de ta boîte et ton Why à toi. C’est important aussi de savoir, effectivement, quel est son objectif, est-ce que son objectif c’est d’être hyper riche, est-ce que son objectif c’est d’avoir un vrai impact sur du long terme. Est-ce que son objectif c’est de faire plein de petits trucs… ça change le type de boite qu’on fait quoi. Donc voilà « Start with why », c’était le dernier que j’ai adoré. Zappos. Zappos, je me demande si ce n’était pas « l’entreprise à tout vendre ». Ou alors sinon ça c’est un autre encore que j’ai lu. J’avais lu le bouquin aussi sur Jeff Bezos.

 

Le patron d’Amazon.

 

Exactement, le patron d’Amazon. J’ai lu un autre que j’avais pas mal aimé c’était « Succès et déboires des stars du web » je crois. Donc qui parlait de, du coup, Xavier Niel, le fondateur de Free, qui parlait des personnes qui avaient réussi ou échoué puis réussi ou réussi puis échoué. Puis voilà, donc c’est assez inspirant. C’est assez inspirant de comprendre aussi qu’est-ce qui s’est passé quoi, qu’est-ce qui s’est passé dans leur histoire. En parlant de Xavier Niel, il y a un bouquin qui est top aussi qui est « Le pirate » et qui raconte comment Xavier Niel a réussi avec Free. Et donc là, on voit que, bon effectivement, il est hyper brillant, il s’est hyper bien entouré. Et puis aussi, il a eu de la chance quoi. Non mais c’est vrai. Il est hyper brillant, il a monté un vrai business, il s’est hyper bien entouré et il a eu de la chance et du coup, je pense que c’est un mix quoi. Si on rate au début ça veut pas dire qu’on est nul. Ça veut juste dire que c’est pas grave, il faut continuer, continuer, continuer jusqu’à ce qu’il y ait quelque chose qui sorte.

 

Justement si jamais tu as une amie ou un ami qui viens vers toi et qui te dit, en pensant que tu es une spécialiste du e-commerce, j’ai envie de lancer un site de commerce, tu lui conseilleras quoi ?

 

Franchement ? De pas le faire.

 

C’est vrai ?

 

Non, mais ça dépend. En fait, aujourd’hui, je pense que ça sert à rien de lancer un site de e-commerce si on n’a rien à dire. En fait, c’est pertinent de lancer un site de e-commerce quand on a une marque et qu’on a envie de pouvoir la vendre et du coup de se créer son canal de distribution. Oui, il faut lancer un site web.

 

Tu veux dire une marque de fringues, une marque de bijoux, une marque de beauté.

 

Exactement. Maintenant si c’est pour lancer la énième Marketplace franchement c’est mort. Ça ne sert à rien. Parce que qu’est-ce qui va vous différencier de Amazon, Zalando, ASOS. Rien. En fait, vous ferez tout moins bien. Et c’est, en fait, parce que nous, en fait, nous qu’est ce qui s’est passé ? ZOOMDLE, c’était déjà une marketplace mode et beauté. J’avais ce truc-là marketplace. C’était aussi une techno de reconnaissance d’image, donc j’avais ce truc-là techno. Moi je me suis juste dit Ok donc aujourd’hui j’ai quoi ? J’ai une marketplace, j’ai 2500 marques à peu près, non j’en avais moins, maintenant j’en ai 2500. J’ai une marketplace. Clairement je serais jamais meilleur qu’Amazon sur la logistique. Je n’aurai jamais les marques que peuvent avoir Amazon, Zalando ou ASOS puisque ces marques-là elles me répondent même pas au téléphone. Donc comment je peux me différencier ? Qu’est-ce que je peux apporter comme valeur au client ? Et c’est là qu’on a pivoté et qu’on a développé ce truc de personnal shopper, de conseils hyper personnalisés, qui maintenant, est parfois mis et mal fait sur d’autres sites, que je ne citerai pas parce que c’est pas sympa et que ça ne m’apporte rien. Mais, à l’époque, vraiment, ça se faisait pas quoi, d’aider le client en ligne. En gros, moi ce qui s’est passé c’est que j’avais un existant et que je me suis dit Ok comment je vais faire pour que cet existant-là, il apporte une vraie valeur à mon client. Qu’est-ce qu’il veut aujourd’hui mon client.

 

Mais pour revenir, quand tu conseilles une amie qui justement, elle monte une marque de fringues, elle monte un commerce, il faut qu’elle commence par quoi

 

Sur son site de e-commerce ?

 

Quelle solution ? Sur quoi il faut qu’elle se focus ?

 

Bah ça dépend. Ça dépend. Alors déjà au début pas tellement… Par exemple Sézanne, au début, ils avaient pas tellement, ils avaient peut-être un site, mais au début c’était beaucoup d’Instagram. Typiquement, moi je pense que il faut avoir un site pratique type, Shopify. Voilà. Une solution qui coûte pas très cher et qui est pratique et surtout qu’elle peut comprendre un peu toute seule, sans forcément avoir besoin de développeurs, parce que c’est compliqué d’avoir des développeurs et ça coûte super cher. Et puis derrière, si elle a un peu de budget, de faire des jolies photos et d’investir dans les réseaux sociaux. C’est-à-dire d’envoyer à des blogueurs, de faire en sorte que sa marque, elle soit un peu exclusive, un peu à la Sézanne pour provoquer l’envie.

 

Mais après l’expérience client sur son site Shopify, il sera jamais…

 

Moi je lui conseillerais de mettre ma solution pour vendre bien les produits. Non, mais honnêtement c’est vraiment pas pour vendre ma solution, c’est juste que les gens veulent parler à d’autres gens. Et quand ils connaissent pas une marque, c’est encore plus vrai. Parce que autant, voilà, moi quand je vais sur le site Zara, moi j’adorerais signer Zara comme client, mais quand je vais sur le site Zara, voilà si je suis allé en magasin et que j’ai vu le produit je sais à peu près ; si j’ai vu le produit, j’ai pas forcément besoin de conseils à ce moment-là. Par contre, si je ne l’ai pas vu, j’en ai besoin. Et si le produit, la marque je la connais pas, ben j’ai encore plus besoin de conseils et d’être rassuré. C’est hyper important de faire le job là-dessus.

 

Mais moi, demain, si je monte un site e-commerce je veux ta solution.

 

Ça c’est gentil.

 

On va passer aux questions de la fin. Même si on a déjà eu quelques, même si on les a déjà un petit peu abordé, qu’est-ce que tu ferais différemment dans ton parcours ?

 

Je licencierais plus vite mon premier salarié. Désolée c’est pas sympa mais c’est vrai. En fait, c’est très important de bien choisir les gens avec qui on travaille. Et quand il y a une personne qui est pas motivée, on pense que ça va passer. En fait, ça pourrit toute l’équipe et c’est très dur. Et puis les personnes à qui on laisse des chances, nous le rendent pas forcément bien aussi. Je pense c’est la seule chose que je ferais différemment.

 

Comment tu te vois dans les cinq prochaines années ? C’est quoi ta vision pour toi ? Pour WIWHIBAM, déjà j’imagine que tu veux croquer le monde, mais pour toi ?

 

Moi, je me vois sur tous les goûts sites des e-commerce à traiter plein, plein, plein, plein de clients et à rendre plein, plein, plein de clients heureux, parce que ce qui est vraiment cool, c’est que on voit que notre solution, elle rend vraiment nos clients heureux. Il y en a qui, il y en a où c’est vraiment juste du service et ça leur fait gagner du temps. Et il y en a qui ont vraiment besoin et envie de parler à d’autres gens. Donc c’est vraiment bien de se dire qu’on a un impact, dans leur quotidien, qui est positif. Voilà, moi, dans l’idéal, j’adorerais que l’équipe que j’ai aujourd’hui et qui travaille avec moi soit encore l’équipe à mes côtés dans cinq ans, parce que j’ai un gros défaut c’est que je marche beaucoup à l’affect. Donc quand il y a des personnes que j’aime qui partent je le vis un peu comme une trahison, c’est un peu dur pour moi. Donc voilà j’espère qu’ils resteront là le plus longtemps possible parce que non seulement ils sont bons mais en plus c’est des gens que j’aime beaucoup.

 

Vous avez un gros turn over ?

 

Non.

 

Mais quand il y en a un qui part ça te brise le coeur.

 

C’est dur, les gens quand ils partent, après ils ont beau te dire que c’est parce que c’est pas, ils ont une offre dans la boîte, l’énorme multinationale de leurs rêves et que du coup, voilà. Ou c’était en super nom plus c’était un salaire qui était deux fois plus important, ce que je comprends. C’est juste que, en soit, quand les gens partent et quittent une boite, ils quittent leur patron et donc, du coup, voilà c’est juste que ça veut dire que peut-être que je n’ai pas été assez inspirante. Peut-être que je n’ai pas su faire transpirer ma vision assez bien pour que les salariés aient envie de rester alors qu’ils ont une offre de malades chez LVMH, chez L’Oréal, ailleurs quoi. Donc c’est plus que c’est comme ça moi que je le vis. D’ailleurs, dans le livre qui parle de Zappos, il explique que, après évidemment c’est un livre qui est écrit une fois que Zappos a super bien réussi donc c’est beaucoup plus facile de raconter l’histoire a posteriori. Mais bon, il raconte qu’en tous les cas les salariés qui étaient là et qui ont galéré, galéré, galéré avec lui, ils ont vraiment été prêts à d’énormes compromis pour Zappos. Ils ont divisé par deux leurs salaires, ils ont accepté d’être payés bien plus tard, ils ont, alors je dis pas qu’il faut que tout le monde fasse ça pas du tout, mais je dis juste que quand on arrive à être un peu inspirant, les gens restent et ils sont prêts à accepter des sacrifices. Même si la nouvelle génération est vraiment plus relou. Non mais pas plus relou. Mais c’est vrai que l’on se rend compte, moi quand je vois les stagiaires qui viennent chez nous, on a et on a eu aussi de très bons stagiaires mais c’est vrai qu’on voit que c’est pas les mêmes. Moi jamais quand j’étais dans une boîte, j’osais montrer que ce que l’on donnait à faire me gonflait, alors qu’aujourd’hui, c’est, désolée je perds mes mots, pour les gens qui nous écoutent, on a des chiens qui sont au bureau, donc les miens et là il y en a un qui vient de rentrer donc ça m’a un peu surprise qu’il arrive à ouvrir la porte. Mais oui, tout ça pour dire qu’effectivement, c’est vrai que aujourd’hui on se rend compte que la nouvelle génération veut tout, très vite, est assez impatiente, accepte moins facilement de faire des choses qu’ils considère comme moins intéressante, alors que moi, quand j’étais en stage concrètement j’étais une grosse victime. Je disais oui tout le temps quand on me demandait de faire des choses.

 

C’est plus un problème d’éducation que de génération ça ?

 

Même, je le vois avec mes frères et sœurs, ils sont à beaucoup plus impatients, ils ont envie de tout de suite, il faut le poste à super responsabilités. Même quand je vois, dans mes amis autour de moi, qui travaillent dans des boîtes au bout de deux ans elles commencent à se dire qu’il est temps de changer de boîte, largement tant de changer de boîte. Donc du coup, je me rends compte aussi que à l’époque de nos parents, si on changeait de boite au bout deux ans c’est que vraiment il y avait un problème.

 

Et comment vous répondez à ça ?

 

Je ne sais pas. Franchement je n’ai pas été vraiment, tellement confrontée à ça. J’espère que je ne le serais pas. Si vous m’entendez, les gens qui travaillent chez WISHIBAM. Non mais voilà, j’ai pas été tellement confronté à ça. Et après, nous on fait beaucoup beaucoup d’événements en équipe. Donc là typiquement je suis en retard pour un verre qu’on doit prendre tous ensemble. En fait, une fois par mois, on organise, il y a deux personnes de l’équipe qui organisent des choses pour les autres membres de l’équipe qui sont payés par la boîte. Sur un petit budget. En fait, le but c’est que les personnes qui organisent ça, fassent partager aux autres un peu leur passion. Genre si on est passionné de cuisine, on va faire des trucs de cuisine. La dernière fois, on avait fait un escape game. Là on va faire un yoga du rire parce que c’est quelqu’un qui adore le yoga. Bref, l’idée était vraiment de faire des choses ensemble, de partager des choses ensemble et franchement la dernière fois, il y a une personne de mon équipe qui m’a dit c’est vraiment trop cool parce que moi, quand je vais travailler le matin, j’ai l’impression que je rejoins presque mes meilleurs amis. C’est trop bien quoi.

 

Là t’as réussi quelque chose

 

Je me dis que, au moins, j’ai réussi ça. J’espère qu’on fera plein de trucs comme ça le plus longtemps possible.

 

Just deux dernières questions avant que je te libère. On entend beaucoup, en ce moment, des nouvelles formes de travail, ils y a des gens qui ont des jobs partagés, les gens font du Home Office, c’est des choses que vous mettez en place ?

 

Pas du tout. Moi ce que je vends aux e-commerçants, c’est moi je veux humaniser le commerce en ligne et je veux créer du lien. Donc s’il faut que, de temps en temps, les gens qui bossent avec moi soient chez eux pour bosser parce que ça répond à des contraintes qui sont personnelles très bien. Mais par contre moi les gens avec moi j’ai envie que l’on fasse partie de la même équipe. En fait, aujourd’hui de toute façon, au stade de la boite on a besoin d’être ensemble.

Ce n’est pas le sujet.

 

Je pense que c’est vraiment important. On a besoin d’être ensemble. On a besoin d’être lié, on a besoin, quand il y en a un qui a un petit coup de mou, d’avoir les autres qui le rebooste. En fait, les gens de mon équipe, je les considère vraiment comme des associés. J’imagine pas du tout bosser loin tout le temps avec des personnes. D’ailleurs on l’a fait une fois, ça c’est très mal placé.

 

Dernière question pour transmettre le relais, qui souhaiterais-tu entendre dans ce podcast ?

 

Qui je souhaiterais entendre dans ce podcast ? Ca dépend, sur toujours sur le sujet de la mode ?

 

Ouais, entreprendre dans la mode. Mais bon mes invités sont, j’ai un éventail assez large.

 

Moi j’adore écouter des podcasts d’entrepreneurs type Niel, parce que c’est hyper inspirant de voir où est-ce qu’ils ont réussi, où est-ce qu’ils ont échoué. Et sinon il y a une fille de ma promo qui s’appelle Edwige. Ah ben non, en fait il y en a deux mais qui font partie de ma promo, typiquement c’est parce que je les connais et je sais qu’elles ont des choses intéressantes à raconter. Donc Edwige qui a monté, justement, une boîte où elle fait une marque axée sur des produits recyclables. Je trouve ça hyper intéressant parce que ça aussi c’est des nouveaux modes de consommation. Et elle bosse, en plus, en BTOC avec des grosses boîtes. Et, je trouve ça vachement bien parce qu’elle a toujours été passionnée, vraiment passionnée par ça. C’est vraiment sincère. C’est pas juste pour surfer sur une mode. Et puis après, parce qu’une autre personne qui m’impressionne beaucoup dans ce qu’elle fait, c’est Eva Sadoun, alors elle ce n’est pas de la mode, mais par contre, elle, sa passion ça a toujours été le social et aider les gens. Elle avait fait des stages beaucoup de stages en finances et dans l’entrepreneuriat social et en fait, elle a aidé, elle a monté sa boîte qui aide les entreprises sociales à lever de l’argent. En gros, c’est des leveurs de fonds mais pour des entreprises qui sont sociales. Et je trouve ça hyper impressionnant parce que elle aussi c’est quelque chose qu’elle aime faire et auxquelles elle croit et elle le fait hyper bien. Et du coup je trouve ça intéressant d’écouter des gens qui sont passionnés par ce qu’ils font.

 

Tu peux dire le nom des deux boîtes ?

 

Il y en a une, h bon ça a changé de nom, donc la personne dont je parlais sur entreprise sociale ça s’appelle, c’était 1001 impact. Et ça a changé de nom il n’y a pas longtemps. Et Edwige, j’ai un trou de mémoire aussi. Je peux regarder ?

 

Bien sûr.

 

? c’est la marque de vêtements dont je parlais qui est hyper intéressante et que je recommande.

 

Et le leveur de fonds pour les entreprises à impact social c’est 1001 impact ?

 

Ça a changé de nom, attendez je vous dis. LITA.

 

Ok très bien. Ben on ira les voir. Charlotte merci beaucoup.

 

Merci beaucoup.

Plein de bonnes choses pour WISHIBAM, beaucoup de succès et beaucoup de bonnes choses pour toi aussi dans ta vie privée. A très bientôt.

 

Merci ! Aurevoir.

 

Merci d’avoir écouté. Si vous êtes encore là c’est peut-être parce que l’épisode vous a plu. Si c’est le cas, je vous invite à laisser un commentaire sur Itunes et SoundCloud. C’est ce qui m’aide le plus à gagner en visibilité. Pour cela, rien de plus simple, lancez Itunes depuis votre ordinateur ou Apple podcast depuis votre iPhone et cherchez « entreprendre dans la mode » dans votre barre de recherche. Allez dans la section « notes et avis » et laissez un commentaire. Vous pouvez aussi choisir le nombre d’étoiles. 5 est de loin mon préféré. Merci de soutenir ce podcast et à mardi prochain pour un nouvel épisode.

 

 

#17 Paul Mouginot – Daco – Pour entreprendre, il faut enlever ses lunettes roses

Ecouter sur Apple/ iTune

Dans ce 17 ème épisode nous allons à la rencontre de Paul Mouginot, il a co-fondé DACO,  DACO offre aux marques de mode et aux marketplaces une compréhension raffinée de leur environnement concurrentiel, en combinant les toutes dernières technologies d’intelligence artificielle / reconnaissance d’image et l’expertise mode de l’équipe fondatrice.
Dans cet interview Paul revient sur son parcours, son déclic vers l’entreprenariat, sur la nécessité d’être pragmatique et d’enlever ses lunettes roses quand on entreprend. Il souligne la nécessité de se lancer même si c’est pas parfait, de rester humble,  de s’entourer d’une équipe car l’entrepreneuriat est une longue traversée solitaire. Il nous parle de sa soif d’apprendre, de son expérience chez Plug & Play, chez Station F et de bien d’autres choses encore.
J’ai adoré interviewer Paul, j’ai appris encore beaucoup de chose, j’espère que vous prendrez autant de plaisir à l’écouter. Bonne écoute!

Invité : Paul MOUGINOT, co-fondateur de DACO.

Parcours :

« J’ai fait des études d’ingénieur et de commerce. Après les classes prépa, je suis rentré dans une école qui s’appelle SUPELEC. Au sein de cette école, j’ai eu la chance de faire un double diplôme. En même temps que je passais mon diplôme d’ingénieur, j’ai repassé les concours dans une école de commerce qui s’appelle ESCP Europe. […] Je passais 6 mois dans une école et 6 mois dans l’autre. J’ai appris en douceur les différents métiers et les différentes manières de parler, notamment quand on est ingénieur, et de réfléchir, et quand on est plutôt dans le business. Cette double culture, c’est vraiment quelque chose qui me caractérise beaucoup, toujours maintenant, et qui imprègne vraiment ce que l’on fait. Pendant que j’étais en école d’ingénieur, j’ai créé une agence de photos de mode. […] C’était ma première entreprise. Le matin je faisais mes TP d’électronique et le soir j’allais couvrir des expos d’art, des défilés de mode… Et assez vite, j’ai eu la chance de devenir contributeur, notamment pour un magazine qui s’appelle PURPLE magazine, je suis d’ailleurs toujours contributeur pour Paris. […] A l’époque […] j’ai rencontré des membres de l’équipe de la rédaction, j’ai commencé à travailler le soir dans des galeries d’art, des défilés, […], je le faisais pour des petits sites pour commencer et finalement…  Ça se fait comme ça, plus on en fait et plus… Moi j’aime bien parler aux gens, comprendre ce qu’ils font dans la vie donc j’ai rencontré comme ça assez rapidement des membres de la rédaction. On s’est bien entendu, on a fait des tests, ils m’ont expliqué qu’est-ce que c’était l’esthétique PURPLE, qui est une esthétique très particulière, notamment en photo, et c’est parti. C’était en 2013. C’était mon premier saut dans l’entrepreneuriat, ça m’a permis de prendre comment on développait une clientèle, comment on faisait des factures, ça m’a permis de dédramatiser déjà très rapidement plein de choses autour de l’entrepreneuriat. Mais c’était quand même une petite activité, c’était rien de fou.»

DACO :

« C’est une jeune entreprise, d’un an d’existence, qui aide les marques et les distributeurs, notamment dans la mode, à étudier très finement leur environnement concurrentiel. Pour cela, on fait levier sur les toutes dernières technologies d’intelligence artificielle et de reconnaissance d’image mais aussi sur une expertise marché que l’on a développé au sein de l’entreprise via les différents cofondateurs et également au contact de nos clients. »

« DACO, c’est un outil extrêmement pointu […] qui leur permet de se poser beaucoup plus de questions, et surtout de soutenir leurs intuitions, qui sont souvent excellentes, avec des chiffres très carrés. »

« Ce niveau de raffinement, on arrive à l’avoir parce que, non seulement, on a une dimension technique extrêmement forte qui permet d’être très performant dans toute la collecte et le retraitement des données. Mais aussi une expertise marché que l’on injecte notamment dans nos modèles d’intelligence artificielle et sans laquelle on n’aurait pas la précision d’analyse que l’on fournit. »

Déclic :

« À la fin de mes études, j’ai choisi de partir dans le conseil en stratégie, qui est un métier très particulier. En quelque sorte, on est une sorte d’homme à tout faire du business. […] Notre boulot c’était de résoudre des problèmes que pouvaient avoir des entreprises ou des équipes dirigeantes et notamment dans la mode. C’est un peu dans cette première activité, que j’ai fait pendant 3 ans, que j’ai eue, avec le reste de mon équipe, puisque l’on est issue du même cabinet, c’est avec cette équipe que l’on a eu l’idée de DACO, parce que l’on travaillait pour beaucoup de marques de mode, au plus haut niveau. On se rendait compte que cet enjeu de benchmark concurrentiel, donc d’étude de la concurrence, était un enjeu vraiment récurrent et très fort dans les marques, qu’elles étaient prêtes à payer pour ce service s’il était de qualité. Et que pour l’instant, la plupart de ces études se faisaient à la main, notamment le tri des photos se faisait à la main, la classification, la publication des résultats… Et quand l’intelligence artificielle a commencé à émerger on y a vu une immédiatement une application immédiate puisqu’il y avait un besoin business très fort dans ce domaine.»

Sa définition entreprenariat :

« Entreprendre c’est la réunion d’une bonne équipe, avec une idée enthousiasmante et un moyen pour y parvenir. Et ensuite, si possible, de l’argent personnel pour se lancer. […] Et bien sûr le marché. Parce que si on a une super équipe qui a une super idée, avec des supers conditions mais que personne ne veut l’acheter… »

L’entreprenariat, ce n’est pas qu’une question d’intuition, il faut être pragmatique :

« Je pense que les gens qui entreprennent, quelque part, ils sont câblés pour ça dès le départ. Il y a plein de type d’entrepreneurs différents déjà. »

« L’entrepreneuriat ce n’est pas tout plaquer et créer son entreprise. »

« On est très pragmatique et on essaye de l’être parce que quand on crée une entreprise la denrée la plus précieuse c’est le temps. »

« Essayer de toujours rester pragmatique et de se poser les bonnes questions, est-ce que ça va servir ? A qui je vais pouvoir, vers qui je vais pouvoir le déployer ? etc. »

« Il faut rester pragmatique parce que l’objectif d’une entreprise, c’est de vendre un vrai produit, à des vrais clients, basé sur un vrai besoin donc il ne faut jamais perdre ça de vue. »

« Ce que l’on voit aujourd’hui, c’est que les équipes des marques de mode, ont une excellente intuition, ce sont des expertes du marché […] La difficulté aujourd’hui, c’est qu’en fait, il y a une telle concurrence […] sur les prix, sur l’attractivité de l’offre […] qu’on ne peut pas juste avoir une bonne intuition. C’est ça qui est difficile. On ne peut pas juste créer une collection qui globalement a la bonne compétitivité prix, globalement les bons équilibres… Non, il faut vraiment descendre à la maille de la catégorie produit, de la sous-catégorie produit parce que maintenant on est vraiment à l’euro près, il faut être extrêmement raffiné. »

« Il faut que ce produit ce soit le bon, c’est-à-dire qu’il soit dans la bonne catégorie produit avec les bonnes caractéristiques. Il faut qu’il soit au bon prix, quand on est en période de soldes il faut qu’il y ait la bonne promotion, et ça c’est un travail extrêmement raffiné et de long terme qui doit s’engager. »

Pour entreprendre, il faut « enlever ses lunettes roses » :

« La plus grande désillusion que j’ai eu, c’est que quand on crée une entreprise on a ce que j’appellerai « des lunettes roses ». C’est-à-dire on se dit « ah c’est super ! J’ai l’impression que j’ai une super équipe, j’ai l’impression que j’ai un marché adressable monstrueux, une opportunité incroyable ! Personne ne fais ça, allez c’est parti, on se lance ! ». C’est ce que j’appelle « les lunettes roses », c’est tout va bien se passer et dans deux mois je fais un million d’euros de chiffre d’affaires. Et en fait, au quotidien, entreprendre c’est comme être dans un rollercoaster. C’est-à-dire que dans une même journée, on va avoir des super bonnes nouvelles, des nouvelles horribles, et ainsi de suite. Et à la fin de la journée, on a un peu du mal à faire le bilan […]. Un an après, ce que je peux dire, c’est que finalement j’ai toujours cet enthousiasme d’entreprendre et de développer DACO. […] Pa contre, j’ai raccroché mes lunettes roses, ce n’est pas du tout une désillusion mais on est beaucoup plus pragmatique, quand une bonne nouvelle arrive, on la célèbre et on est très heureux mais on se prépare pour la suivante. »

La curiosité l’enthousiasme et la volonté d’apprendre :

« J’aime beaucoup apprendre de nouvelles choses, des nouvelles compétences. Quand j’étais petit, je voulais tout savoir sur tout. […] Aujourd’hui, ce que je garde de cet aspect-là, c’est que quand je suis confronté à quelque chose que je ne comprends pas ou que je ne maîtrise pas, j’ai un sentiment d’agacement très fort qui fait que si le domaine m’intéresse je finis par l’apprendre. »

« Ce qui est très important, c’est de le faire avec sérieux et avec passion. Je ne pense pas non plus être un touche-à-tout, très loin de là, parce qu’il y a vraiment deux parties qui m’animent vraiment beaucoup dans mon existence. C’est finalement une dimension d’être très proche du business, ça m’intéresse de comprendre l’activité d’une entreprise, d’y contribuer. […] Mais je n’arrive pas à donner du sens à cette activité si je n’ai pas une dimension créative extrêmement forte. Et cette dimension créative peut se transcrire, soit par, de mon côté, la création, faire des photos, faire des expositions. […] Ou alors plutôt dans une partie curation, c’est-à-dire de comprendre ce qui se passe dans le milieu de la création, d’aller dans des expos d’art, de collectionner. »

« On a tout un double profil et ça c’est assez enrichissant. Le profil slasher je pense que c’est quelque chose qui va, sans doute, se propager dans le futur parce que c’est très enthousiasmant. »

Se lancer même si pas parfait :

« Ça ça fait vraiment partie de la culture DACO, c’est de toujours, […] dès qu’on a quelque chose qui marche, le vendre par module et commencer à le déployer, à itérer et à améliorer l’outil. »

Rester humble :

« Il y a un état d’esprit, ce n’est pas toujours facile, on a tous nos défauts. C’est important de rester humble, de savoir que quoi qu’il arrive on ne sait jamais rien. […] Il y toujours des gens qui sont bien meilleurs que nous, il faut aller les chercher. […] Il faut avoir conscience que l’on est ignorant et que l’on ne sait rien. »

S’entourer d’une équipe car l’entreprenariat est une longue traversée solitaire :

« On a une équipe qui est très soudée, […] on sait très bien quelles sont nos limites, comment on doit parler les uns aux autres, […] et quand on est en condition de stress, de pression, quand on voit un mur arriver, c’est souvent ces moments-là, où on voit si l’équipe est unie ou pas. »

« Ce qui est difficile c’est de passer d’un stade de concept à un stade d’entreprise. C’est exactement comme une start-up, ce qui joue énormément c’est l’équipe. »

« Il faut savoir qu’en générale, quand on crée une entreprise, si on a des doutes c’est beaucoup lié au fait que l’on est seul. Quand on crée une entreprise, on est terriblement seul. Et même si on a une équipe de fondateur avec nous, même si on a des employés, des clients qui nous soutiennent, à la fin on est seul. On doit manœuvrer un bateau dont finalement, tout le monde se fiche dans un premier temps. Quand on commence, que l’on existe ou pas, tout le monde s’en fiche. Donc il faut arriver à faire grandir ce bateau, à faire en sorte qu’il ne prenne pas l’eau. Ensuite, une fois qu’on s’est arrangé pour acheter des matériaux un peu plus solides que du bois, renforcer le bateau sans faire en sorte qu’à la fin ce bateau soit trop lourd et qu’il ne flotte pas. C’est extrêmement difficile, on a plein de choses à gérer en même temps. »

« Quand j’ai un moment de doute, j’ai la force d’avoir une très bonne équipe de cofondateur. […] Le fait d’avoir une équipe, de pouvoir parler avec des gens. »

Se faire connaitre pour passer du stade du concept au stade d’entreprise :

« Aujourd’hui on est une entreprise éminemment B2B, on est très proches de nos clients, et notre faiblesse actuelle c’est que l’on n’est pas encore très connu du grand public. L’objectif ce n’est pas forcément que tout le monde nous connaissent. […] Mais ce qui est toujours intéressant c’est d’arriver à avoir un niveau de notoriété suffisant pour que des clients potentiels nous contactent, un peu comme ça, top of mind, pour nous aider au développement commercial. Il y a vraiment un travail sur la communication, la notoriété. »

Plug and Play Lafayette :

« On a été accéléré dans l’accélérateur Lafayette Plug and Play […] ils nous ont beaucoup aidé sur la partie accélération. Donc développement commercial, ils ont challengé notre concept, on a amélioré notre manière de communiquer… Ils nous ont vraiment beaucoup aidé et c’est une structure formidable qui est très spécialisée retail. »

Station F :

« On est dans l’accélérateur de vente-privée impulse, […] ils ont un mode de fonctionnement qui est totalement différent de Lafayette Plug and Play. En fait, ils passent beaucoup de temps à sourcer et à sélectionner des start-up. […] Et une fois qu’ils détectent des entreprises qui peuvent les aider chez eux, à débloquer des parties de leur business qui ont besoin de passer à l’échelle, de grandir, ils en recrutent. Et l’objectif, c’est de travailler avec eux directement. […] Leur équipe est vraiment là pour nous aider, pour répondre à nos interrogations. L’objectif ce n’est pas de plier notre business model aux exigences de vente-privée mais plutôt de se dire, ok on a une technologie qui est par couches. On peut certainement utiliser la majeure partie de ses couches pour satisfaire aux besoins très spécifiques de vente-privée, et ensuite, développer quelques éléments de costumisation qui font la différence et qui permettent de passer de 90 % à 100 % de problème résolu. »

Définition de l’intelligence artificielle :

« C’est un ensemble de technologie qui est en fait un changement de paradigme fondamental. C’est vraiment un ensemble de techniques donc c’est difficile à décrire. Mais qu’est-ce que c’est l’approche intelligence artificielle par rapport à l’approche traditionnelle notamment de programmation ? En fait, c’est une nouvelle manière de parler aux machines […] ou pour les machines de nous parler. Jusqu’à présent, […] quand on avait besoin qu’un ordinateur exécute un calcul ou fasse certaines opérations, il fallait le demander explicitement. […] Et pour apprendre quelque chose à un ordinateur […] par exemple, pour lui faire reconnaître une maison, il fallait être explicite. Il fallait lui expliquer qu’une maison pouvait avoir un toit, des fenêtres, une porte, une cheminée mais que parfois certaines maisons n’avaient pas de cheminées, mais ce n’est pas grave c’est quand même une maison. Donc programmer « reconnaître une maison » ça prenait des lignes énormes et infinies pour arriver à le faire. Aujourd’hui, le changement de paradigme c’est que pour faire reconnaître une maison à un ordinateur, on a une manière implicite de le faire. Au lieu de dire voilà toutes les caractéristiques d’une maison, je vais te montrer 20000 photos de maison, […] Je montre 20000, 30000, 1000000 d’images. Et au bout de 1000001 image je pourrais lui montrer une nouvelle image de maison qu’il n’a jamais vu, mais comme il a appris sur tout ce dataset, il arrive à savoir quels sont les éléments importants à regarder pour savoir si c’est une maison ou pas. Il sait traiter les exceptions. […] Avant l’enjeu, l’ordinateur c’était de donner la bonne réponse le plus vite possible, aujourd’hui […] l’enjeu c’est que l’ordinateur nous donne la réponse la plus précise, avec une marge d’erreur la plus faible possible. »