#27 Alexandra Van Houtte – L’entrepreneuriat est un marathon qui ne s’arrête jamais

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Dans ce nouvel épisode, nous allons à la rencontre de Alexandra Van Houtte. Elle est la fondatrice de TAGWALK, le Google de la mode. Dans cet épisode, on parle de sa vie avant TAGWALK, de la naissance de l’idée jusqu’à sa mise en place. Elle nous parle de ses difficultés et de sa rencontre avec Carmen Busquets, la papesse de la Fashion Tech. Elle nous parle de l’importance de développer son endurance, car l’entrepreneuriat est un marathon qui ne se termine jamais. Cet épisode est truffé de bons conseils et de bonne énergie, alors à vos carnets ! 

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Invitée : Alexandra Van Houtte 

Bonsoir à toutes et tous. Bienvenue dans « Entreprendre dans la mode ». Je suis ce soir avec Alexandra Van Houtte, de TAGWALK. Bonsoir Alexandra

Bonsoir

Est-ce que je peux te demander de te présenter s’il te plaît ?

Oui, je m’appelle Alexandra, j’ai 28 ans, j’ai créé un site qui s’appelle tagwalk.com. TAGWALK c’est un moteur de recherche que j’ai créé en avril 2016 en version bêta et en septembre 2016 en version 1.

Est-ce que je peux te demander de reprendre ton parcours depuis tes études supérieures jusqu’au lancement de TAGWALK ?

Donc moi, je voulais vraiment être styliste photo quand j’étais plus jeune. C’était vraiment mon rêve. Et mes parents voulaient vraiment que je fasse des études « plus poussées », donc ils m’ont fait faire du mandarin pendant quatre ans. Donc j’ai étudié le chinois, j’ai habité en Chine pendant un an. Après en master, j’ai pu enfin faire de la mode, donc j’ai été à la ? fashion pour faire du stylisme. Et après, je suis rentrée, j’ai fait mon stage de fin d’études chez Lanvin, en merch, avec Alber Elbaz à l’époque. Ça, c’était incroyable. Ensuite, j’ai travaillé un peu dans une agence de prod, mais je n’étais pas trop sûr de ce que, vraiment, je voulais faire. J’avais 21 ans donc je me posais pas mal de questions. Et après, à l’âge de 22 ans, j’ai vraiment commencé à être assistante et j’ai travaillé pour plein magazine. Numéro entre autres, Grazia, Vogue Italie. Après, j’étais en freelance pour, il y en a tellement des titres que je ne pourrais pas tous les dire, mais beaucoup. Ça, c’est vraiment le parcours entre 20 ans et 25 ans.

Là, tu avais vraiment un job de styliste freelance, ça consistait en quoi ton job ? Pour ceux qui ne sont pas dans la mode et qui ne savent pas en quoi ça consiste un job de styliste, c’est quoi ?

Ton job en tant qu’assistante styliste, c’est d’essayer d’interpréter ce que la styliste veut et de lui fournir les photos et les vêtements qui correspondent à cette vision. Pour donner un exemple, si ma boss me disait à l’époque je fais du total cuir, il fallait que je, mon métier, c’était de faire tous les défilés un par un, de voir toutes les pièces en cuir, de faire toutes les photos des pièces en cuir, d’imprimer toutes les photos des pièces en cuir, qu’elle choisisse toutes les pièces en cuir, que je demande toutes les pièces en cuir, de les recevoir à la rédaction, on les shootait, on les faisait photographier pour un magazine et ensuite on les renvoyait. Ça c’était, en gros, mon métier tous les jours.

Donc, t’as fait ça pendant 4/5 ans, jusqu’à 25 ans, qu’est-ce qui s’est passé après ?

Il y a eu plusieurs facteurs, je pense, il y en a plein. Le premier, c’est que je devenais extrêmement impatiente. Et je suis très impatiente de nature, donc ça s’empirait parce que je passais ma vie, il y a trop de défilés, il y a trop de collections, il y a trop de saisons et que je trouvais jamais les pièces que je voulais, je trouvais jamais les jeunes designers, je n’avais jamais le temps. Et donc ça, ça a commencé un peu à « m’énerver » gentiment. Ensuite, il y a quand même Instagram qui est vraiment arrivé à cette époque-là. C’était en 2014/2015. C’était déjà sur le marché, mais en France ça commençait à vraiment arriver. Il y a eu UBER où tout allait hyper vite, DELIVEROO où tout allait super vite. Et, c’est vraiment cette idée de tout avoir très simplement et dans la mode, il n’y avait pas. Et je me suis dit, mais je ne comprends pas pourquoi il y a autant de défilés, il y a autant de tout, mais il n’y a rien qui puisse les catégoriser. Et après, l’autre facteur, c’est que je voulais plus du tout être assistante styliste.

Tu avais envie d’entreprendre déjà gamine ?

Non, je suis quelqu’un qui, je mène généralement. Je ne suis pas quelqu’un qui suis. Je suis toujours très dure comme personne. Mais, après, non je ne me suis jamais dit, j’ai vraiment, désespérément envie, de faire mon site. C’est juste quand j’en ai eu tellement marre, la question ne s’est même pas posée. C’est venu très naturellement.

Tu as commencé par quoi ?

Déjà par le nom. C’est vraiment le plus important. Pour tous les gens qui veulent monter leur boîte, si ton nom ne marche pas en anglais, ce n’est pas bien. Si ton nom ne veut pas tout dire dans le même intitulé, ce n’est pas bien. Si ton nom est trop long, ce n’est pas bien. Quand on y pense Net-à-porter, c’est le prêt-à-porter sur internet. Il y en a plein des comme ça. Mais, effectivement, j’ai commencé vraiment par le nom. TAGWALK, c’était catwalk avec le tagging en même temps donc c’était hyper cool.

Cette phase-là de recherche de nom, ça prend combien de temps concrètement ?

Ça m’a pris une heure. Quand l’idée est vraiment là. Moi, j’étais avec des potes quand j’ai pensé à ce nom, j’étais avec ma famille et plein de potes qui étaient avec nous. On s’est tous mis autour d’une table et j’ai dit OK, il faut que je trouve un nom pour ce truc que je veux faire. Et, en fait, on a brainstormé. On a dit OK, défilé égal catwalk, égal ?, égal machin, égal truc etc. C’est hyper important. Le nom c’est quand même… J’ai vraiment commencé par ça. Et puis, la deuxième chose, c’est que j’ai contacté des avocats. T’es obligé quand tu veux monter ta boite, il faut des statuts, il faut comprendre où déposer, comment déposer, dans quelle catégorie déposer. Il y a un moment donné, où je pense que tu ne peux pas tout faire de bien, il faut savoir déléguer les trucs. Moi, ce n’est pas du tout mon expertise.

Et puis tu n’avais pas envie de mettre beaucoup d’énergie là-dedans ?

Mais 0 énergie ! Je ne connaissais rien. Je ne vais pas perdre mon temps sur Internet à regarder les clauses, les machins, les trucs. Et ensuite, je savais déjà très bien ce que je voulais du site. Je savais tout ce que je ne voulais pas et je savais tout ce que je voulais.

Mais cette idée elle a germé, ça a mis du temps quand même. C’était toutes ces années, d’assistante styliste où t’as réfléchi à ce truc-là ? Tu ne t’es pas réveillée un matin avec l’ampoule éclairée d’un coup.

En fait, sincèrement, oui. Dans le sens où, inconsciemment, c’est vraiment l’inconscience qui a travaillé pendant 5 ans, il y avait plein de choses qui m’énervaient. Les publicités avec les croix, je ne trouve pas les croix, ça me saoule, le fait d’avoir un paywall quand tu vas sur un site, ça me saoule. Il y avait plein de choses en fait. Le fait de pas voir les vêtements bien, le fait que les vêtements soient mieux, que les marques qui ont plus d’argent soient mieux catégorisées que les autres sur tous les sites qu’on connaît. Tout ça, c’est des choses qui, en fait, vraiment dans mon inconscient, je me disais, mais c’est tellement pas juste. C’est tellement une de perte de temps quoi. Moi qui je suis extrêmement pas patiente. Et, en fait, inconsciemment tout ça a commencé à mûrir. Et, un jour, je parlais à une fille et j’ai dit, mais franchement, qui voulait monter une boîte dans la mode, elle me parle de son projet que je trouvais médiocre et je lui dis mais moi si j’avais un projet que tu devrais faire ce serait ça. Mais il y a longtemps, 2014. Et 2015, rien et je dis à une amie en commun, mais qu’est-ce qu’elle est bête cette fille, je lui ai donné l’idée du siècle et elle ne l’a pas fait. Elle est complètement idiote. Et elle me dit, mais si c’est vraiment l’idée du siècle, pourquoi est-ce que tu ne le fais pas toi ? Et c’est venu comme ça. C’est pas du tout, je ne me suis pas posé dessus, je n’ai pas fait une réunion familiale en disant, voilà j’arrête mon job. C’est venu vraiment très naturellement.

D’ailleurs, pendant cette période-là, on va continuer sur, tu as trouvé le nom, t’as déposé le nom, qu’est-ce que tu as fait après ?

J’ai contacté un développeur, en premier temps.

Tu l’as trouvé où ?

Je l’ai trouvé par mes avocats. Ils ont toujours des bons pistons.

D’ailleurs, ces avocats, tu as été les chercher où ? Tu as tapé sur Internet ou on t’a introduit ?

Ça, c’est hyper important. Moi, tous les gens qui m’aident, et qui m’aident à ce jour, ce ne sont que des gens que je connais, en fait. Des amis d’amis, des gens qui me sont conseillés. Ce sont des gens hyper fidèles, un. Deuxièmement, c’est des gens qui veulent vraiment ton bien. Ils ne sont pas là à compter toutes les demi-heures que tu passes au téléphone avec eux quand tu as un problème. Et moi, mon cercle très, très restreint de gens qui m’aident, et j’en ai un très petit, c’est jamais des gens vraiment dans l’industrie, du tout, mais c’est vraiment des gens de confiance dans chaque domaine différents, qui ont des compétences différentes. Et mon développeur, je lui ai expliqué, voilà ce que je veux. J’avais fait une maquette un peu pourrie, mais plus ou moins de ce que je voulais.

Sur Powerpoint ?

Ouais, exactement. Mais j’ai fait la maquette, mais ça ne ressemble pas au site-là, mais ce n’est pas très différent de ce que j’ai fait. C’est beaucoup plus joli là, bien évidemment. Il y a une graphiste qui me l’a fait parfaitement. Mais, en vrai, c’est exactement ma vision. C’était blanc, épuré, propre, straight to the point, qu’on comprenne vraiment en 3 secondes et demi, et tout ça. Et, une fois que j’ai fait ça, j’ai contacté toutes les marques une par une. Que je connaissais parce que j’avais été assistante donc forcément je connaissais les attachés de presse. Je leur ai dit en 3 lignes, voilà, je lance un site avec tous les défilés rapidement. Ils m’ont envoyé toutes les photos. Maintenant, j’ai mon propre photographe, mais à l’époque, j’avais eu les droits de leurs photos. Et j’ai tout tagué, seule, sur mon canapé, manuellement, en deux langues, pendant 6 mois à peu près. Et après, il a été lancé.

Tu peux nous rappeler la date de lancement ?

Toujours dans le cours de mon impatience, j’ai lancé beaucoup trop tôt. J’ai lancé le 12 et 13 avril 2013.

Pourquoi c’était trop tôt ?

Parce que le site n’était pas prêt du tout. Mais j’en avais tellement marre de travailler dessus que, du coup, je voulais le lancer. Alors, qu’en fait, j’aurais dû attendre septembre, je pense.

Parce qu’il n’y avait pas assez de photo, pas assez de marques ?

Non, non. J’ai lancé avec toutes les marques pour le coup. Mais non, mais parce que ce n’était pas assez fluide, il n’y avait pas de homepage, tu ne devais pas forcément te créer un compte, les moodboards ne se voyaient pas forcément bien.

Mais l’important, est-ce que ce n’est pas forcément de commencer ?

Ouais, mais je pense qu’il faut se lancer, il faut commencer mais il faut aussi faire les choses bien. Et je pense qu’avec un peu de recul …

Ça t’as joué des tours ce truc-là tu penses ?

Bah, ça m’a appris en tout cas. Ça m’a appris que, moi j’ai eu quelqu’un en espèce de mentor qui m’a pas mal aidé au lancement de mon site, qui me disait ok c’est génial ton site mais qui va dessus ? Et, en fait, je n’avais aucun moyen de savoir. Je lui dis ouais, tous les gens de l’industrie.  Il me dit, mais qui, comment tu sais que c’est des gens de l’industrie, à quel moment t’es au courant ? Et, en fait, effectivement moi j’avais le retour des gens qui me disaient j’adore ton site, c’est génial mais je ne savais pas du tout. Et donc j’ai appris, au fur et à mesure, comment il fallait vraiment. En fait, généralement, chaque chose sur ton site a un but et chaque dépense a un retour sur investissement. C’est assez cadré en vrai dans la tech. Tu ne fais pas un truc juste parce que ça t’amuses. Tu le fais parce que beaucoup d’utilisateurs te l’ont demandé. Nous on a lancé les mannequins sur le site, on référence tous les mannequins, parce que les gens nous l’ont demandé. A la rigueur, moi, qu’ils y soient ou pas…

Toi, ce n’était pas une demande particulière ?

Non, je n’y avais pas forcément pensé. Mais pour les gens c’était hyper important.

Donc toi, tu n’avais aucun background dans la tech ? Tu ne savais pas coder, t’avais aucune connaissance ?

Non, je ne savais pas ce qu’était la data, je ne savais pas ce qu’était une API.

Mais, toi ça ne t’as pas fait flipper ?

Non, pas du tout. Un, parce que j’apprends assez vite. Deux, parce que je suis entouré par des gens vachement bien. Et troisièmement, parce que quand c’est ton propre site, il y a un espèce de truc qui sort en toi, où tu deviens extrêmement curieux sur des sujets qui, à la base, ne t’intéresse pas du tout. Et moi, je pense que je suis hyper calée maintenant, en vrai, sans mentir, sur des trucs où il y a deux ans mais…

Tu ne comprenais rien, c’était du charabia

Du charabia et maintenant, mais vraiment, je peux faire une conf, sans problème.

Donc c’est accessible même à un styliste qui a eu une formation plutôt créative ?

Complètement

Parce que j’ai l’impression que souvent les créateurs, les créatifs que je rencontre, ils se disent toujours ce n’est pas pour moi quoi, le business n’est pas pour moi, je ne comprends rien, je n’ai pas envie de me plonger dedans. Le code, l’informatique, les gens mettent ça sur un piédestal. Ils se disent, je ne suis pas formaté pour ça. Et tu es vraiment la preuve qu’en fait…

Ben oui, mais faut pas oublier que j’avais un développeur aussi avec moi.

Oui, non mais bien sûr, mais t’as pas eu peur de te lancer dans une aventure qui est hyper tech alors que ton background est pas du tout tech.

Je ne le vois jamais comme ça. Mais oui, effectivement, c’est un super bon point. C’est que pour moi, ce n’était pas une barrière, je ne me suis pas dit, ça va être une catastrophe la tech, je ne comprends rien. Je me suis dit, c’est un manque, c’est un besoin. Moi j’en ai besoin, donc égoïstement, si moi j’en ai besoin, d’autres personnes vont en avoir besoin, et après the rest is history.

Revenons sur le déroulé. Tu lances ta version beta, tu le lances un peu trop tôt. Ça te joue des tours relativement minimes parce que ça n’a pas mis en péril la baraque. Tu lances la V1 en septembre 2010. Et là, qu’est-ce qu’il se passe, raconte nous ?

Et là, tous les jours ça croit, ça croit, ça croit. On a plus en plus de comptes créés, de plus en plus de gens qui reviennent, on a un taux d’engagement qui commence à devenir super élevé. Et je commence à avoir, je crois, de mémoire, pas mal de presse à partir de septembre. Je n’ai pas d’attaché de presse donc c’est venu hyper organiquement. Tout ce que j’ai, c’est venu vraiment par des gens que j’ai contactés sur Instagram. J’avais un espèce de truc où je fais très, très attention à comment je dépense mon argent donc je ne voulais pas de dépenses, ce n’est pas que ce n’est pas nécessaire, mais en tout cas, pas nécessaire pour moi à ce stade-là dans ma boîte. Et ça croit. Et puis là, plus ça croit, plus tu vois les problèmes. Tu te dis mince, maintenant il faut rajouter les accessoires, on avait, mais on n’avait pas l’homme, on a rajouté l’homme. Ensuite, on a rajouté le streetstyle. Et ensuite, tout a commencé à vraiment grossir parce qu’au final, on avait la demande et on s’est dit, bon bah quitte à le faire, autant le faire bien et autant le faire jusqu’au bout. Autant le faire avec tout, avec 360 degrés de la mode, le plus rapidement possible. Le digital, c’est ça aussi. Ça peut aller très vite comme pour TAGWALK, mais il faut aussi rester très vite. C’est un marathon qui ne se finit jamais. Y a pas un jour dans cette boite où on ne change pas d’idée. Y a pas un jour où les priorités du board là-bas, que vous n’allez pas voir, mais du board là-bas, ces post-it changent tous les jours. Les priorités changent tous les jours. Je pense que ce n’est pas la technique qui manque pour les gens qui doivent entreprendre. Moi, je pense que c’est le mental. Le mental, c’est clé. Parce que c’est épuisant, ça ne finit jamais. Et pourtant, j’adore ce que je fais, mais c’est vrai que, tous les jours, se réveiller et trouver de la motivation pour toi, pour ton équipe, pour tes investisseurs, pour tes potes, pour tes clients, etc., pour tes journalistes, il faut vraiment avoir un très bon mental. Parce que c’est beaucoup tous les jours de l’année. Et, en plus, quand c’est ta boite, tu travailles tout le temps. Moi, il n’y a pas un jour depuis que j’ai lancé ma boite, alors qu’avant je travaillais gentiment, mais je n’étais pas non plus Wonder Woman quoi. Là, je travaille tout le temps, mais parce que j’ai envie ou parce que je me sens coupable de le faire ou parce que je me dis chaque minute que je perds en faisant autre chose, c’est du temps perdu. C’est vraiment tout le temps. Et je ne suis jamais vraiment au bureau, je suis tout le temps en rendez-vous. Je travaille tout le temps. Donc, je pense que le mental, c’est ça qui doit faire peur, à mon avis. Tous les jeunes à qui je parle, il y en a plein qui me contacte en ce moment, je leur dis mais l’idée, c’est bien de l’avoir, mais, c’est après que ça se corse vraiment. Parce que ta première année, elle est easy. C’est vrai, la première année, c’est la plus cool.

Comment on se prépare à ça ?

Franchement, je ne saurais pas dire comment on se prépare. Je pense que c’est vraiment une forme de personnalité.

Tu as toujours été quelqu’un de déterminée et de fonceuse ?

Ouais. Pour le coup, oui. Et de forte. Il n’y avait pas de bullshit. Moi quand je dois faire un truc, je le fais, quand je suis fatiguée qu’il faut finir à je sais pas quelle heure, je vais le faire même si… Il y a un espèce de truc en moi où, tant que ce n’est pas fait, ça m’énerve. Mais j’aime beaucoup aussi le stress. Moi je suis quelqu’un qui travaille bien sous stress. Forcément ça aide. Mais t’as des personnalités qui n’aiment pas ça du tout. Mais quand tu es entrepreneur, tu ne peux pas avoir des gens forcément comme ça dans ton équipe.

Justement, tu n’es plus toute seule aujourd’hui. Dès le départ, tu avais un développeur.

Oui exactement.

Aujourd’hui vous êtes, ils viennent de partir mais ils étaient quand même assez nombreux, j’ai été surpris.

Il y en a deux qui manquaient aujourd’hui mais ils sont nombreux.

Vous êtes combien maintenant ? Et surtout comment tu les as choisi ces gens-là ? Parce que tu me dis que toi, tu bosses comme une malade, mais tu ne peux pas leur demander de bosser non plus, d’être investi autant que toi, à même hauteur que toi.

Maintenant on est 11. On va être 12 là.

C’est incroyable

C’est beaucoup. En janvier 2017, on n’était que trois. Donc, en un an et trois mois, on a quand même triplé, quadruplé même. Margaux, que t’as raté, est vraiment avec moi depuis le 13 avril 2016. Donc, c’est vraiment la première personne, elle a commencé avec moi 6 mois, sur le canapé, chez moi, sur mon beau canapé Ikéa. Margaux, elle a vraiment, vraiment commencé avec moi. Elle y est allé un peu à l’aveugle, elle m’a rencontrée, elle ne savait pas trop à quoi s’attendre et puis elle est toujours là aujourd’hui. Et ça se passe super bien.

Qu’est-ce que tu leur dit, à l’époque, aux gens pour qu’ils te rejoignent ?

Pas grand-chose. Margaux était assistante avant, donc elle comprenait pourquoi TAGWALK était bien. Elle comprenait l’idée. Et je pense qu’il fallait forcément quelqu’un qui comprenne l’idée parce que sinon c’est compliqué. Moi je n’avais pas d’associés. J’en ai toujours pas. Donc, Margot elle a très vite compris. C’est quelqu’un qui m’a aidé, vraiment, à faire cette V1 justement. A tout mettre à plat, à dire, ok, il y a des fautes d’orthographe parce que maintenant c’est automatisé, mais avant on faisait tout à la mano, tout à la main. Donc tous les tags il y avait des fautes d’orthographe, c’était n’importe quoi quand j’y repense. Donc Margaux a commencé vraiment avec moi. Et ensuite, j’essaye de recruter par poste, que personne ne se marche sur les pieds. J’essaye que chaque poste soit vraiment un truc un peu clé. Donc, un développeur, avec un deuxième, maintenant, développeur. Ensuite, Margaux avec une deuxième personne qui est avec elle maintenant. Et c’est des gens, je leur dis, oui je ne peux pas leur demander de travailler autant, en même temps, je suis désolée mais quand tu 21 ans, entre 21 et 30 ans, c’est le seul moment où tu vas pour travailler dur. Pas avoir d’enfant, pas être marié, à travailler pour une boîte ou c’est plutôt à la cool et t’investir. Et ces gens-là c’est quand même des gens qui ont souvent des participations au capital. Mais c’est compliqué d’avoir des profils comme ça. Des gens comme Margaux, j’ai beaucoup de chance de l’avoir. Dans le sens où, TAGWALK c’est son bébé autant que le mien, elle est hyper impliquée, elle est toujours là, elle est hyper présente. Florian, le développeur, c’est pareil. C’est quand même des gens, tu vois, où je sens que c’est important pour eux. Et c’est hyper important parce que moi je n’ai pas d’associé, donc si je n’ai pas mes développeurs et mes « employés » qui sont aussi impliqués que moi ou aussi contents pour moi quand un article sort ou qui me posent des questions qu’engendre un gros rendez-vous, etc. ça ne sers pas à grand-chose de faire cette aventure avec eux, pour moi.

Donc revenons sur le déroulement. Aujourd’hui, j’en reste à septembre, tu lances, en 2017, tu lances la V1, qu’est-ce qui se passe après depuis 8 mois ? Quelles sont les grandes étapes de TAGWALK ?

C’est vrai que ça ne fait que 8 mois en fait !

J’ai rencontré Carmen Busquets en novembre 2017. Non, j’ai rencontré Carmen en 2016 pardon. Carmen, c’est une investisseuse qui investit dans Net-à-porter. C’est la première de Net-à-porter. Puis de Farfetch, Moda Operandi, List, ?Fashion et il y en a d’autres. Il y en a plein. Et c’est mon premier investisseur. Et Carmen, c’était vraiment, pour moi, le goal dans ma vie, c’est que je voulais que Carmen soit mon investisseur. Et je l’ai contacté. Je l’ai harcelé par email, comme quoi ça marche. Une bonne quinzaine de fois. Et je l’ai rencontré en novembre 2016.

Qu’est ce qui se passe alors ? La première question, c’est comment ? Tu l’as harcelé, tu lui envoie 15 emails. Tu dis quoi dans ton d’email ?

Moi, je ne voulais pas de l’argent à la base de Carmen. Je voulais vraiment la rencontrer parce que c’est… Carmen elle ne peut pas pas inspirer quelqu’un qui est dans la mode et dans la technologie. Elle comprend mieux que tout le monde ce monde-là, elle est beaucoup plus rapide, elle a une vision beaucoup plus lointaine que des gens comme moi, elle voit beaucoup plus loin, toujours, tout le temps. Et rien. Je lui ai juste dit que, en trois lignes, que j’avais monté ma boîte, que je souhaitais la rencontrer parce qu’elle avait un parcours de dingue et que je voulais la rencontrer.

Et vous vous êtes rencontrées ?

On s’est rencontrées.

Et vous vous êtes dit quoi ?

Elle m’a demandé des questions très simples, comment s’appelle ta boîte, c’est pour ça que le nom est vital. Elle m’a demandé pourquoi est-ce que je l’avais créé. Donc le storytelling est vital.

Et c’était quoi le storytelling ?

C’est que j’étais assistante et que j’en avais marre parce que je ne trouvais pas les vêtements. C’est la vérité quoi. Je n’ai pas inventé une histoire. Mais, c’est vraiment sur ma vérité. Ensuite, elle m’a demandé combien d’argent j’avais dépensé entre le jour où j’ai voulu créer ma boîte et le jour où je la rencontre.

Tu lui as répondu quoi ?

La vérité.

Tu peux nous le dire ?

Non, je suis désolée. Ce n’était pas très haut. C’était pas très, très haut. Donc, je réponds, elle me dit OK. C’est pas important pour les investisseurs de savoir si tu sais gérer ton argent. C’est quand même leur argent, à eux, qu’ils ont gagné, qu’ils donnent à toi non, donc ils ont vraiment besoin de comprendre que tu ne fais pas des notes de frais pour tes déjeuners, que tu ne prends pas des taxis à gogo, que tu sais rester hyper humble, que tu commandes tes cartes sur VistaPrint et pas sur un truc canon rue Saint-Roch. C’est super important pour eux de savoir que tu sais manager ton argent. Et la dernière question c’était, c’est quoi ta stratégie de sortie. Je lui dis, voilà, ce que moi, dans mon idéal, j’aimerais bien faire et voilà.

Donc tu la rencontre, qu’est ce qui se passe ? Elle te rejoint, elle investit sur toi ?

Du coup, elle m’a dit mais tu veux combien pour ton investissement ? Je lui dis non, je ne venais pas trop pour ça à la base, moi je veux juste vraiment vous parler, ce qui été vraiment la vérité. Et après, ça c’est fait. On s’est très bien entendues et ça s’est fait très rapidement.

Ça t’a permis de faire quoi ?

Carmen, elle m‘a permis de faire plein de trucs. La première chose, c’est qu’elle m’a donné un vrai tampon dans la mode. C’est comme un espèce de tampon, quand Carmen investit, ça aide quand même vachement. Ensuite, Carmen, c’est quelqu’un qui est très forte en stratégie globale. C’est quelqu’un, où, si vraiment t’as une question sur un partenariat, sur de la data, elle a tellement tout vu que c’est vraiment quelqu’un qui sait te mettre avec les bonnes personnes, te mettre en contact avec les bons. Elle met très bien en contact les gens quand elle sent qu’il y a des bonnes affinités entre elles. Et surtout, elle a un très bon œil, un très bon œil extérieur. Donc moins, quand j’ai des questions sur des embauches ou pas etc., elle est toujours présente.

Elle est disponible quand même ?

Elle est super disponible.

Ça me fait toujours halluciner ce genre de chose.

Moi aussi, je ne sais pas comment elle fait. J’étais avec elle hier. En fait, elle est disponible pour les bonnes choses. C’est que si c’est pour me lamenter sur mon sort parce que je suis fatigué, clairement non, elle n’est pas du tout disponible. Mais, il y a deux semaines, j’avais, pas un souci mais j’arrivais à un endroit où j’avais besoin d’aide et je l’ai rejoint un week-end. On a passé un weekend entier, elle m’a aidé à faire la stratégie. Elle s’est trouvée le temps quand elle sent, parce qu’elle connaît bien, elle connaît vraiment bien les fondateurs généralement. Donc, elle sait que quand, vraiment, je lui dis bon bah là ça va vraiment pas, je suis bloquée, elle va toujours trouver le temps. Toujours. Mais si elle sent que c’est un mini problème que je peux, en vrai, régler toute seule si je suis tranquille 3 minutes et demie, elle va me dire, écoute, là, c’est pas le moment, dans un mois oui. Et forcément en un mois j’ai carrément trouvé la solution.

Raconte-nous ce qui s’est passé après. Raconte-nous les points essentiels et les gros les gros changements dans TAGWALK jusqu’à aujourd’hui et ta vision pour le futur ? T’as apporté des fonctionnalités supplémentaires ?

On en a plein. On a toutes les tagnews, on a toutes les interviews des designers, des influenceurs, on a toute la catégorie des mannequins. On a les tagtrends qui marchent super bien, qui sont les tendances par mots-clés les plus tapés en structures de collection. On a tellement de trucs sur le site… On peut acheter tout le streetstyle en affiliation. On a quand même de la très bonne donnée qui nous permet d’aider vraiment beaucoup d’acteurs dans l’industrie sur plein de niveaux différents, donc c’est hyper intéressant. On fait vachement de consulting extérieurs pour de la strat …

C’est la question qu’on pose tout le temps mais le modèle économique, ça consiste en quoi ?

C’est toujours le même. Que les marques, qui ne défilent pas, peuvent payer pour être référencées au même niveau que les défilés. Donc ça c’est hyper subjectif. C’est littéralement j’aime ou j’aime pas. Pas littéralement, parce qu’il y a des marques, on a trop de marques du même style donc on va attendre un peu, pour pas non plus qu’ils soient tous confondus, etc. Le but c’est vraiment d’aider une marque donc si je mets trois designers qui font la même chose, pour les jeunes ça va pas les aider. Donc on fait hyper attention. Donc ça c’est un pôle. Le deuxième pôle, c’est la filiation. Donc on travaille avec toutes les marques ou tous les sites de commerce. En fait, on référence toutes les pièces qui sortent des défilés et qui les amènent vers leurs sites. Ça leur donne du trafic. Ensuite, on a la donnée. Ça, c’est vraiment plutôt privé. C’est, vraiment, on travaille avec des groupes qui ont besoin de savoir ce qui se passe dans leur marque à eux, dans leur groupe à eux, dans leur structure de collection. Est-ce que les mots-clés correspondent un peu à leur tendance, etc. Et le quatrième pôle, c’est qu’on fait beaucoup de consulting, assez inconsciemment, en strat digitale, en strat de micro influenceurs et en stratégies de contenu. Et je pense que c’est venu…

Concrètement, tu peux nous expliquer pour mes auditeurs ?

Concrètement, une marque va nous dire ok, nous on aimerait bien faire des cadeaux à des gens. On ne sait pas quoi faire comme cadeau et ni à qui les faire, ni comment les faire. Concrètement, c’est ça. Une partie. Donc, nous on va analyser la marque, on va analyser leurs acheteurs, qui sont leurs consommateurs, quel est l’ADN de la marque. Nous ce qu’on vous conseille de faire, c’est d’envoyer à ces gens-là, de cette façon-là, à cette période-là. Et l’impact est assez gros, en vrai. Quand c’est bien fait, c’est très bien en fait. Quand c’est mal fait et que ça va à tout le monde, souvent ça se perd un peu. Ensuite, on fait pas mal de stratégie en consulting de contenu. Donc, on a des marques qui nous disent, bon, bah les journalistes veulent pas trop parler de nous, qu’est-ce qu’on peut faire pour leur donner des news qui soient intéressantes.  Donc, pareil, on reprend l’ADN…

Et là, tu as recruté des gens pour qui c’était vraiment le métier de faire ça ?

Non.

Alors, c’est quoi la vision à plus long terme, comment tu vois les choses ? Ça va tellement vite déjà, j’ai envie de te dire, dans six mois…

Six mois, c’est déjà long. Là tout TAGWALK est en train de devenir achetable. Toutes les pièces de tous les défilés. Tout est en train de devenir achetable. Ça, ça va sortir là. Et après, on va vraiment se concentrer, il y a plusieurs choses sur lesquelles on se concentre. On va faire toutes les Fashion Week du monde entier. Là, ça sort, ça va sortir, on commence. On commence avec Séoul, je pense qu’il y a en ce moment.

Là, c’est des gens de chez toi qui vont sur place ?

Non, on reçoit les défilés et on les référence. Et ensuite, avec la tech, on commence vraiment, on a déjà hyper bien implanté, mais toute l’intelligence artificielle qui nous permet de scanner des photos et de comprendre les mots-clés d’une photo. C’est assez particulier parce qu’ils comprennent bien les couleurs, etc., mais nous, ce qu’on leur demande, c’est de comprendre les thèmes. Ça c’est plus compliqué pour une machine. Mais on est en train de, donc là, en termes de technologie on est en train de devenir fort. On essaye, en tout cas, on progresse.

Qu’est-ce que tu ferais différemment ?

Je pense qu’il y a une grande faute dans l’entreprenariat, l’entrepreneur, c’est que quand tu n’as pas d’associé, tu te sens souvent très seul. Et quand tu es seul, tu es souvent très vulnérable. Surtout à certaines périodes où t’as un vrai manque, t’es un peu dans un coin. Et tu as des gens qui vont venir vers toi et qui vont te proposer leurs services et du coup, tu vas les embaucher très rapidement, sans vraiment faire attention. Et ça c’est une erreur. Parce qu’en fait, il y a plein de gens où, moi quand je recrute généralement, je recrute vraiment, premièrement au feeling. Moi, les écoles ça m’est égal. Moi, ça ne m’intéresse pas des masses parce que souvent, ça ne veut rien dire. Et je pense que prendre plus de recul, plus de temps et souffler et faire des choses avec une tête plus froide, ça ce serait déjà un truc que je ferais beaucoup plus si j’étais à recommencer.

Mais comment tu peux le faire parce que quand tu es dans l’action et que c’est dans ton tempérament de foncer.

Oui mais c’est là où je dis que maintenant que je comprends les erreurs et les enjeux, je pense que je dirai à mon propre tempérament, calme toi 2 secondes, tu prends du recul, tu vas trouver la solution. Ne prends pas la première personne que tu vois, tout de suite, parce que ce n’est pas forcément l’idéal. Ensuite, il y a plein de trucs je ferai. Les premiers avocats que j’ai pris étaient très mauvais. Très, très, très mauvais parce que c’est une grosse dépense les avocats et que je ne voulais pas du tout dépenser cet argent-là dans des avocats. Au final, ça m’a joué un méga tour parce que j’ai eu un problème et ils n’étaient pas là du tout.  Et, en vrai, maintenant là j’ai appris, j’ai des avocats, un avocat en tout cas, qui s’appelle Léon, qui est chez Témime et il est génial. Il est jeune, il a mon âge, il est associé là-bas, il est brillant. C’est quelqu’un qui m’aide tout le temps, qui est hyper impliqué, à nouveau c’est quand même des supports hyper ?. Et, je pense que je ne referai pas l’erreur de prendre quelqu’un de pas bon, en qui j’ai pas confiance parce que ta boîte, si tu n’es pas entouré par des gens qui sont extraordinairement bons dès le début, elle va pas marcher. C’est pas possible. Seul, ça ne marche pas. Littéralement. C’est impossible à ça. Donc je pense que je ferais un business plan.

T’avais pas de business plan ?

Non.

Mais quand t’as levé tes premiers

Oui, j’en ai fait en 2-2. Mais, en vrai, je pense, qu’à refaire je ferais peut-être un mini business plan. Là je n’avais pas de business plan. J’ai vraiment fait parce que j’en avais besoin. Je ne pensais pas du tout que TAGWALK serait là aujourd’hui. Je savais que c’était une bonne idée, mais je ne pensais vraiment pas que TAGWALK, aujourd’hui, aurait autant de capacités, avec autant de revenus streams, avec autant d’endroits différents. Je ne pensais pas avoir autant de bons CV qui viendraient vers moi. Je ne pensais pas avoir autant de CV de stagiaires qui viendraient.  Tout d’un coup, ça va très très vite parce qu’au final ce n’est pas très, très long. Donc, ça je ne referai pas. Je pense qu’une erreur que j’ai faite, c’est que quand j’avais une question au début, je demandais l’avis de tout le monde. Grosse erreur. Parce qu’au final tout le monde te donne forcément un avis différent et tu te retrouves avec les avis de tout le monde et tu comprends rien et t’es perdue. Donc il faut prendre tes trois personnes clés. Ça peut-être ton père, ta grand-mère et ton avocat. Peu importe. Mais des gens qui vont vraiment te donner un oui ou un non. Parce que moi j’ai écouté tout le monde et au final je prenais jamais de bonnes décisions, je perdais du temps, et en vrai, tu la connais ta décision. Tu as juste besoin que quelqu’un t’appuis en te disant, Ah bah si j’étais toi, je ferais ça. Comme ça tu es content.

Tu as trouvé ton trio maintenant ?

Ouais, j’ai trouvé, j’ai un peu plus qu’un trio. Je dois avoir cinq personnes vraiment…

Dès que tu as des décisions à prendre tu les consultes ?

Sur qui je peux vraiment m’appuyer ouais. Et qui sont, moi je suis très transparent, ça c’est un autre truc. Ce n’est pas un conseil à refaire parce que j’ai toujours été comme ça mais plutôt pour les gens qui écoutent, les auditeurs, il faut vraiment être transparent. Toujours. Parce que tes investisseurs vont toujours savoir la vérité. Tes avocats vont toujours connaître la vérité. Tes employés vont toujours connaître la vérité. Donc, il faut vraiment essayer d’être le maximum honnête et pas enjoliver les choses parce que, bon je n’ai pas souvent besoin d’enjoliver, mais souvent il y a des trucs qui marchent pas, qui marchent, etc. Et c’est vraiment important de le dire parce que si tu dis que tout va toujours très bien, personne ne peut t’aider. Si tu dis, là, ça va vraiment pas, j’ai fait une erreur, je ne sais pas quoi faire, les gens sont les premiers à t’aider. Et honnêtement, les plus grands entrepreneurs de France, en France en tout cas, sont des gens, où moi je sais que si je leur envoi un email, je ne les connais pas, je leur dit voilà, je suis un peu tracassée, j’ai des problèmes en ce moment, je ne vous connais pas mais j’aimerais beaucoup, beaucoup vous voir 15 minutes pour un café, pour que vous puissiez m’éclairer. Ils le font toujours. C’est des gens qui ont toujours du temps pour les entrepreneurs, qui ont toujours du temps pour aider. Moi le nombre de temps que je consacre aux jeunes gens qui montent leur boîte, franchement, ça doit être au moins un jour par semaine. Alors que je ne suis pas non plus la reine de l’entreprenariat quoi. Mais je pense que t’as toujours envie d’aider et donner des conseils. Et je pense que t’entourer des bonnes personnes c’est hyper important. C’est pareil, c’est juste des conseils, mais il faut vraiment, vraiment, vraiment, vraiment être humble quoi. C’est vraiment mais, c’est le b.a.ba du truc. Il faut surtout prendre tout ce qui est négatif. Moi, mon site il ne serait pas comme ça si j’avais eu que des gens qui m’avaient dit que c’était bien. Moi, tout ce qui m’intéressait, c’était les retours négatifs. Donc, ouais je ne trouve pas les moodboards, ça je n’aime pas, ça je n’ai pas compris, le loging il n’est pas bien. J’ai eu vraiment tout, et en vrai, c’est tout qui m’a fait grossir, et c’est tout qui m’a fait devenir, pas mieux, mais plus performant, en tout cas. Je pense qu’être hyper ouvert d’esprit, c’est vraiment, vraiment important. Parce que souvent les entrepreneurs, et j’en connais plein, ils sont tellement contents de leurs idées qu’ils n’arrivent pas à comprendre que leur idée n’est pas forcément bonne. Là, il y a une amie à moi qui a lancé une marque de produits hyper cool, de thé je ne sais pas quoi, hyper substainable et tout le tralala sauf qu’elle offre dans une pochette en plastique. Je dis franchement, je ne vois pas l’intérêt de faire ta marque substainable si tu offres du plastique dedans. Mais, en même temps, elle est tellement contente des trucs qu’elle a fait produire par milliers, dizaines de milliers, qu’elle n’a pas envie de stopper. Et je pense qu’elle ferait mieux d’écouter. Et souvent, je comprends quand t’es entrepreneur et que tu as tellement travaillé pour un truc, quand on te dit un truc négatif, c’est pas cassant, mais c’est un peu déprimant.

Ouais ça fait mal au cœur parce que c’est ton bébé quoi.

Ouais ça fait mal au cœur mais c’est vraiment, vraiment important. Enfin, c’est vraiment, ça fait mal au cœur, mais c’est plus t’as mal au cœur, plus tu grandis. C’est horrible à dire, mais c’est vraiment la vérité. Moi je l’ai ressenti comme ça, en tout cas.

Les moments de doute, j’imagine que tu en a aussi, comme tous les entrepreneurs, comment tu les gères ?

Pas très bien. J’en ai tout le temps, tous les jours pratiquement.

A ce point-là ?

Quand t’es entrepreneur oui. Moi en tout cas, pour moi c’est le SpaceMountain de Disneyland, mais tous les jours. Si un jour je suis au top, le lendemain je ne suis pas bien, le lendemain je suis au top. C’est vraiment comme si j’étais bipolaire. Je ne suis pas bipolaire mais c’est comme si dans ma tête, ça va du blanc au noir toute la journée. Et c’est pour ça que le mental est vital. C’est que moi, je les gère comment ? Généralement, pas au top. Généralement, j’en parle à Margaux qui est avec moi depuis le début. Si ça va vraiment, vraiment pas bien, je vais en parlais à un des 5. Ça peut être Carmen ou Léon ou d’autres gens qui sont vraiment proches. Et puis, je suis très pragmatique. J’essaye de me dire ok, bon un problème, une solution. On va la trouver. Mais ce n’est pas, c’est compliqué, les moments doute, je ne vois pas, qui, dans ton podcast va te dire, oui je les gère super bien, je suis au top, je vais faire trois heures de yoga puis je vais beaucoup mieux. Franchement où je vais courir et je vais beaucoup mieux. Oui je veux bien que le sport t’aide à enlever un peu de cortisol et de stress mais les moments de doute c’est compliqué. Quand tu as beaucoup de pression et beaucoup de gens derrière toi, il faut juste communiquer. C’est hyper dur de communiquer tes doutes mais je pense qu’il faut. Moi je les communique, en tout cas. J’en parle vraiment.

T’es Open Book sur tout

Ouais, je suis Open Book sur pratiquement tout, pas tout, mais une grande majorité.

Est-ce que tu as des outils dans ton organisation, dans la gestion de ton temps, dans la gestion de tes tâches, ou même est-ce que vous avez des outils, vous en interne, que vous utilisez, qui vous font gagner en productivité et en efficacité ?

J’en ai plein, des trop bien. Il y en a un qui s’appelle Wunderlist, en fait, tu mets toutes tes tâches à faire, sur ton téléphone et sur ton ordi ça va être synchro, et dès que c’est fait, tu appuies sur le carré et ça part. C’est trop bien. J’en ai une autre pour toutes les notes de frais qui est incroyable, qui s’appelle Jenji. Trop bien. En gros, tu prends en photo à ta facture, je sais pas, ton truc au Franprix, et ça la met directement en notes de frais avec la date, l’heure, ça classe tout, ça mais tout par Excel. C’est trop bien, c’est vraiment trop bien ce truc. Non franchement, je pense que c’est juste ces deux trucs-là qui sont vachement bien. Après, l’équipe on est très, c’est très facile à TAGWALK. T’as un back office, t’as un Gmail… Mais WunderList et Jenji, c’est vraiment cool. Il y en a un truc qui est pas mal qui s’appelle Moment et ça te traque combien d’heures tu as passé sur ton téléphone par jour.

Ça doit être assez flippant.

Ouais ben justement. Mais c’est bien parce que ça te permet d’être un peu plus focus. Moi, par exemple, WhatsApp et iMessage, je les ai sur mon ordi, c’est beaucoup plus pratique. Et je ne mets pas les notifs. Et quand je regarde, je sais pas, toutes les demi-heures, je réponds à ce moment-là.

Est-ce qu’il y a des gens qui t’inspires ?

Il y en a plein qui m’inspire. Natalie Massenet m’inspire beaucoup. Carmen Busquets m’inspire beaucoup. Sophie Fontanel m’inspire beaucoup, bien évidemment. J’ai plein de mecs qui m’inspirent je suis sûre en plus. Je suis vraiment inspiré par les gens qui font. Par les gens qui partent de rien ou qui se sont fait virer de quelque part et qui font. Pour moi ça c’est… Ou des jeunes qui font vraiment, c’est pas du bullshit, ils font vraiment et ça, ça m’inspire vraiment. A n’importe quel âge, n’importe quelle tête, dans n’importe quel pays. Ou même des jeunes marques qui arrivent vachement bien. Ça, ça m’inspire. J’aime bien s’entourer de gens qui sont quand même des gens un peu business, pas business parce que ce n’est pas le bon mot, mais qui sont focus. Ça c’est hyper important. Moi des gens qui papillonnent dans tous les sens, ça ne va pas. Il y a plein de gens, je réfléchis à qui m’inspire là, il y a plein de gens qui m’inspirent … Benjamin Cercio, un pote, qui vient de devenir directeur de la com chez Vuitton. Il a 32 ans. C’est ouf. Il a une ascension de dingue. Mais, j’ai aussi Clara Cornet, une amie, qui vient de reprendre un grand poste à 29 ans. C’est dingue. Sophie qui s’est complètement retransformée à l’âge qu’elle avait quand elle s’est retransformée, je ne sais pas sinon je te l’aurais dit parce que je sais qu’elle a aucun problème à le dire.  Je trouve ça dingue. Je suis très impressionnée par ces gens qui, très jeunes ou moins jeunes, arrivent à faire des parcours hyper impressionnants, hyper rapidement tout en restant hyper gentils, hyper polis. C’est ça qui est important. Hyper humble, hyper ouvert d’esprit, toujours là quand t’as besoin. Je pense que ces gens-là, c’est ça leur force en fait. Et moi c’est pour ça que j’essaye, de plus, en tout cas, je pense que je suis comme ça un peu naturellement mais c’est hyper important tous ces gens qui restent hyper présents et qui sont toujours prêts à aider et qui sont toujours prêts à te conseiller, qui sont toujours prêts à prendre le téléphone quand on a un besoin, qui sont toujours prêts à te mettre en contact avec quelqu’un si t’en as besoin. Et en vrai, tout le monde, tous ces gens-là fonctionnent un peu pareil. C’est un espèce de cercle vicieux hyper agréable. Moi je trouve.

C’est vrai, moi tous les gens que j’ai rencontrés jusqu’à présent via le podcast, ils ont tous, ils partagent tous cette, peut-être pas tous, mais globalement ils partagent ces valeurs-là.  Dernière question pour passer le relais, qui souhaiterais-tu entendre dans ce podcast ?

J’aimerais beaucoup entendre Clara Cornet.

Merci beaucoup Alexandra

Merci beaucoup.

A très bientôt. Salut.

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